CIU - Cercle Inter Universitaire




 

Edito de Pierre Chastanier : Il va falloir choisir !


Nous sommes à la croisée des chemins. Il va falloir choisir.

Certains face à la montée des violences, aux trafics de tous genres dans les « territoires perdus de la République », à l’afflux des clandestins, au terrorisme, aux agressions et aux incivilités à chaque coin de rue vont dire : « Il faut un gouvernement énergique protégeant efficacement les citoyens, au besoin par la force, expulsant les indésirables, condamnant sévèrement les fauteurs de troubles y compris parmi les nationaux, faisant respecter à l’école, dans la rue, au sein des entreprises les règles républicaines auxquelles nous sommes attachés et tant pis si le régime évolue vers un mode plus autoritaire, au moins nous protègerons les honnêtes gens ! »

Les mêmes face aux changements de mœurs (LGBT+), aux ports de vêtements religieux (voile, abaya, burkini…), à l’écriture inclusive (iel), au dénigrement systématique de la Police, s’élèvent contre ce qu’ils considèrent comme une atteinte à la laïcité, une promotion des communautarismes, un appel au Wokisme et à tout ce qui vise à détruire notre civilisation.  

D’autres au contraire vont affirmer : « Les migrants fuient des pays en guerre, des dictatures ou des régions aux conditions de vie inhumaines, nous devons les accueillir, et tout faire pour qu’ils s’intègrent par l’éducation, un emploi, un logement digne, des soins. Que nous importe qu’ils portent les vêtements qu’ils veulent, nous devons respecter leurs croyances et quant aux fauteurs de troubles nous devons essayer de les persuader progressivement de partager un mode de vie conforme à nos valeurs ! »

Ces derniers sont prêts à tout admettre, tout excuser, au nom de la charité, du désir de soulager toute souffrance sans vouloir prendre en compte le fait que des forces souterraines moins bienveillantes sont parfois à la manœuvre, prêtes au « Grand Remplacement ».  

Entre ces deux attitudes il n’y a pas beaucoup de place pour le dialogue car les points de vue sont difficilement conciliables.

L’humaniste ne pourra jeter l’opprobre sur les déshérités.

Le républicain ne pourra accepter sans réagir que nos lois soient durablement bafouées.

Existe-t-il une position médiane qui pourrait rassembler une plus grande majorité de gens de bon sens ?

Nous devons tous comprendre que le phénomène migratoire ne pourra que s’amplifier et que ceux qui subissent des guerres, des dictatures, des situations de misère, trouveront toujours les moyens de fuir des zones invivables pour tenter leur chance, y compris au risque de leur vie, ailleurs vers les lumières de la ville.

Ferions-nous autrement si nous étions à leur place ? Laisserions-nous sans secours un migrant en train de se noyer ?

A moins de positionner des mitrailleuses tous les 10 mètres à nos frontières, gardées 24 h sur 24, les plus déterminés passeront toujours, déchireront leurs papiers d’identité, profiteront au mieux des règles humanitaires de nos démocraties et finiront par s’installer, trouvant un job « au noir » faisant des enfants qu’on scolarisera, se faisant soigner aux urgences grâce à l’AME, hantant les queues de tous les guichets d’assistance (Secours populaire, Secours Catholique, Maraudes, ONG, Restos du Cœur, …) 

Au bout de quelques années on finira sans doute par les régulariser même si certains moins chanceux, sanctionnés par une OQTF, repartiront tout de même mais à quel prix ?

Dilués dans la foule des inadaptés sociaux parmi lesquels se trouvent aussi de nombreux Français de deuxième, troisième ou quatrième génération et même des « souchiens » de nos zones désindustrialisées , ils subiront inéluctablement la loi des quartiers bannis : problèmes scolaires, discrimination à l’embauche, confrontation aux bandes et aux trafiquants des banlieues, intégration quasi inexistante, prise en mains forcée par des fractions religieuses radicalisées et, sauf bien sûr quelques exceptions parfois brillantes, ils auront bien peu de chance de devenir un jour des Français assimilés.  

Il faudrait pour qu’il en soit autrement une prise de conscience de toute la Nation, des engagements financiers quasi inépuisables, des années de lutte pour une toute petite chance d’aboutir.

Mais il faudrait aussi prendre conscience du fait que cette multiplication des aides, sans véritable contrôle, sans exigence de contreparties peut constituer un « Appel d’air » si puissant qu’il ne fera qu’aggraver constamment le problème.

A l’opposé, les solutions radicales évoquées précédemment, même prônées par une majorité de Français dresseraient durablement une partie de la population contre l’autre !

Chez les idéologues d’extrême gauche, le recours à la violence étant largement plus fréquent que chez les gens de droite (mis à part quelques extrémistes nazi) même farouchement attachés à notre civilisation gréco-latine et judéo chrétienne (voir Black Blocs contre Manif pour tous !), toute solution radicale casserait pour longtemps la France en deux.

On ne peut raisonnablement pas, comme disait Michel Rocard, accueillir toute la misère du monde et même si ce qui peut raisonnablement être fait doit permettre une meilleure assimilation (que pourtant beaucoup « d’indigènes de la République » rejettent) il est urgent d’imaginer des solutions nouvelles pour mieux assimiler ceux que nous pouvons recevoir et pour donner aux autres une chance même minime de se faire accepter.

Des villages d’accueil d‘immigrés et de sans-papiers loin de nos banlieues criminogènes où l’on pourrait plus facilement mettre en œuvre les indispensables efforts d’assimilation, apprentissage de la langue, formation professionnelle, emploi des migrants ayant un métier, soins médicaux, pratique de nos valeurs, désintoxication mentale des radicalisés pourraient sans doute amener des résultats pérennes à condition d’extraire du lot les « brebis galeuses » et d’empêcher les contaminations venues de l’extérieur.

« Cela constituerait des camps de concentration » ne manqueraient pas de protester aussitôt nos extrémistes de gauche, bien au chaud, qui cherchent le désordre à tout prix dans l’attente du grand soir même si ces villages n’étaient ni à Cayenne ni aux Iles Kerguelen car n’oublions pas que ces idéologues seront toujours pour tout ce qui est contre et contre tout ce qui est pour !

Ces villes nouvelles, terrain d’expérience d’une assimilation à la Française à la hauteur des enjeux, bénéficiant de dérogations par rapport à nos règles sociales rendant plus souple l’adaptation progressive à nos lois pourraient même accueillir sur la base du volontariat des immigrés ou des Français écœurés des conditions de vie qu’ils subissent de force dans nos banlieues inexpugnables où la police ne peut plus vraiment pénétrer.

Une bonne façon d’ailleurs de les désengorger !

Bien évidemment selon nos règles de liberté tous ceux qui en auraient acquis les capacités pourraient, le moment venu, choisir une autre résidence sur le territoire national.  

Mais il existe aussi une autre solution radicalement opposée

Aider de 300 € par mois (et même souvent beaucoup plus) sous différentes formes une famille de clandestins c’est offrir une aide minimale permettant peut-être de survivre mais en aucun cas de s’intégrer.

Or, dans bon nombre de pays de départ vers l’exil avec 300 € par mois une famille vivrait dans l’opulence (la moyenne des salaires en Algérie en 2022 est de 264 € par mois, au Sénégal, un employé gagne en moyenne 139 € par mois)

On voit donc qu‘une alternative à la migration serait l’apport d’une aide colossale des pays du Nord vers les pays du Sud.

Un retour mérité en quelque sorte des ponctions économiques de la période coloniale !

On rétorquera bien entendu que ces aides n’iront jamais aux peuples mais seront dilapidées par les dirigeants ! Comme si on ne pouvait pas trouver les moyens sinon de faire disparaître les corruptions du moins de les limiter au maximum (On aimerait que les pays développés soient aussi vertueux !)

Négocier par exemple avec des Gouvernements Africains des zones franches où les industries européennes pourraient faire vivre des filiales créatrices d’emplois plutôt que tout délocaliser en Asie du Sud-Est enrichirait par contiguïté les territoires voisins, à condition bien sûr de ne plus se contenter de cultures exportatrices mais au contraire de transformer les produits locaux agricoles, forestiers ou miniers sur place ! (On a de la peine à trouver du chocolat dans les magasins de Côte d’Ivoire pourtant plus gros exportateur mondial de cacao !)

Il faudrait aussi en finir avec le soutien excessif apporté à notre agriculture intensive dévoreuse des aides de la PAC qui font que le poulet congelé exporté au Bénin coûte moins cher que le prix local des graines nécessaires pour le nourrir !

S’agissant de l’Afrique, continent si près de l’Europe et situé sur les mêmes fuseaux horaires que nous, partageant notamment avec les Français et les Belges une communauté linguistique, on doit comprendre que la progression démographique annoncée va nous ensevelir si nous ne mettons pas en route cette politique indispensable.

Avec 1.400.000.000 d’habitants aujourd’hui elle n’est pas autosuffisante du point de vue alimentaire. Qu’en sera-t-il en 2050 avec une prévision de 2.5 milliards d’habitants et en 2100 avec 4 milliards ?

Ne comprenons-nous pas que le maintien d’une agriculture essentiellement exportatrice au profit des pays du Nord est un crime contre l’humanité ? De toute façon la pression démographique naissante, par la révolte ou par l'envahissement, ne le permettra plus ?

Essayons donc de prévoir plutôt que de devoir trouver des solutions qu’on ose imaginer !

Alors choisir ?

Un long débat de pédagogues doit évoquer devant le peuple les différentes hypothèses possibles.

·        Générosité, peut-être inconsciente, de l’accueil,

·        Sévérité d’une attitude plus déterminée,

·        Solutions intermédiaires plus imaginatives

Là encore une fois le débat clairement posé ce sera au Peuple de choisir :

Vox populi vox Dei 

Pierre Chastanier