CIU - Cercle Inter Universitaire




 

Edito de Pierre Chastanier : Qui dirige le pays ?


 

Personne ne met en doute les capacités intellectuelles du Président de la République ou son habileté manœuvrière pour avoir percé aussi rapidement en politique malgré son très jeune âge et son absence préalable de tout mandat électif, même si aujourd’hui, ayant perdu la majorité à l’Assemblée, il y a du vent dans les voiles !

Mais qui l’a fait roi ?

Son passage chez les Young Leaders ? Sa carrière à la Banque Rothschild où il a semble-t-il gagné bien peu d’argent ? Ses amitiés nouées avec Henri de Castres, Jacques Attali, Jean-Pierre Jouyet, et beaucoup d’autres dont certains se sont aujourd’hui éloignés de lui ?

En réalité le problème n’est pas de savoir qui dirige la France mais quelles sont les forces puissantes à la manœuvre qui veulent diriger le monde.

Hier le Christianisme, aujourd’hui l’Islam, hier la France et l’Angleterre, aujourd’hui les USA et la Chine : Qui dominera le monde de demain où grâce aux progrès technologiques on n’aura de moins en moins besoin de cette « plaie encombrante » qu’est l’incompressible démographie planétaire.

Dans les pays encore développés, on pousse à l’extrême l’assistanat social (On te paie pour que tu te taises !). On se prépare à lutter contre l’afflux prévisible des populations du Sud vers les lumières de la ville ! On manipule les esprits par des médias aux ordres pour faire croire par exemple aux risques majeurs liés au réchauffement climatique qu’on va, c’est sûr, maîtriser grâce aux éoliennes, aux voitures électriques et à la frugalité énergétique (pas pour tous bien évidemment) !

Ceux qui le désirent reliront ci-dessous mon éditorial du 25 Juillet 2019, 3 ans avant la Guerre d’Ukraine.

Editorial du 25 Juillet 2019

Emmanuel Le Roy Ladurie, professeur au Collège de France, écrivait dans son « Histoire du climat depuis l'an mil » (un livre de référence en matière de canicule) que : ce genre de grande sécheresse n'a pas manqué dans l'histoire française. En 1168, la Sarthe a séché. De même, l'été magnifique de 1351, où le prix du froment a été multiplié par trois à cause de sa rareté. Des étés caniculaires se sont succédé en 1331-1334, 1383-1385… A partir de 1560, on entre dans une autre période climatique, le « petit âge glaciaire ». Puis la canicule revient en 1636, l'été du Cid, où les témoins évoquent « un effroyable harassement de chaleur » …

Sans vouloir entrer dans le débat qui oppose climato réalistes et climato septiques je voudrais rappeler quelques évidences :

Il est bien clair que l’activité humaine génère d’importantes pollutions : on le constate de manière irréfutable en Chine que la mondialisation a transformée en usine du monde.

On sait bien aussi que la contribution à « l’effet de serre » de la vapeur d’eau, oubliée du GIEC et de la nouvelle icône du climat, l’irascible petite suédoise Greta Thunberg, est sans doute beaucoup plus importante que celle du CO2.

On fanatise tellement les foules que peu de gens ont conservé suffisamment d’esprit critique pour s’étonner lorsqu’on dit que la France n’a pas connu de canicule semblable depuis 1947 (année d’après-guerre où la production industrielle n’était tout de même pas si flamboyante !)

Il est légitime que des anxieux, doutant des possibilités futures de la science, défendent une manière plus frugale de protéger la planète. Ils ne doivent pourtant pas oublier que le principal responsable de ces dérèglements c’est…l’homme, sa démographie galopante, son avidité pour 90% d’entre eux de bénéficier, enfin, à leur tour, de cette consommation que les pays développés ne veulent pas réduire.

Si les 10% de privilégiés (nous) réduisaient de MOITIE leur consommation énergétique les 90% d’autres à consommation globale constante n’auraient droit qu’à un petit supplément de 5% qu’ils jugeraient certainement insuffisant !

Mais bien au-delà de ce risque climatique, comment tous ces valeureux écologistes ne prennent-ils pas conscience de ce risque infiniment plus redoutable : Ce loup, pour rappeler Thomas Hobbes, que l’homme est pour l’homme !

La volonté de puissance des Nations, Amérique en tête, engendre des conflits armés sans issue qu’elle favorise en les armant ou qu’elle suscite sous de faux prétextes lorsqu’elle y trouve son intérêt (Guerre de Serbie de Bush 1, Guerre d’Irak de Bush2, Guerre de Libye de Sarkozy, …)

Le conflit israélo-palestinien est soigneusement entretenu depuis 70 ans par les faucons des deux bords.

La progression du radicalisme islamique au Proche et Moyen Orient, en Afrique et maintenant en Europe n’est véritablement entravée par aucun gouvernement courageux,

Le boycott irresponsable de la Russie par l’Occident la pousse dans les bras des Chinois mais quand on s’en rendra compte il sera trop tard.

Le Tsunami migratoire de l’Afrique vers l’Europe se prépare inexorablement et rien n’est fait pour enclencher, dans la plus extrême urgence, le gigantesque « Plan Marshall » qui seul pourrait encore éviter le désastre qui va immanquablement se produire.

La stupidité des Gouvernants qui ne pensent qu’à court terme, le temps de leur réélection, la passivité des foules confortablement installées devant leur poste de télévision qui assistent aux conflits lointains sans imaginer qu’ils se rapprocheront, l’immense souffrance des peuples du tiers monde qu’on maintient dans un état de sous-développement alors que, même chez eux, l’information circule, l’inévitable jacquerie qui naîtra chez nous de la confrontation entre une ploutocratie gavée par la financiarisation d’une économie mondialisée et la dureté de la vie de tout le « petit peuple »…

Tout cela rend bien picrocholesques, même si ce sont des sujets d’indéniable importance, nos petits débats sur le climat, la perte de la biodiversité, la fin du nucléaire, les OGM et les pesticides.

Si on ne prend pas conscience à temps des désordres monstrueux qui se préparent, si l’ONU reste impuissante à assurer la paix, si l’égoïsme des nantis empêche d’agir pendant qu’il est (peut-être) encore temps de sauver des peuples, il ne nous restera plus beaucoup de temps pour en parler !

Pierre Chastanier