Grande Loge des Cultures et de la Spiritualité




 

Analogie entre la Franc-maçonnerie et la loge amérindienne


[Télécharger le pdf]- Les amérindiens étaient en relation étroite avec ce que nous pourrions appeler la force créatrice, ainsi qu’avec le cosmos. Ils célébraient ce dernier dans toutes leurs cérémonies et l’organisation de chaque tipi, de chaque wigwam, appelés des loges, était cosmique. Le rite de purification au sein de la « sweat-lodge », ou « loge à transpirer », nécessaire avant toute grande entreprise, était l’occasion d’un renouveau spirituel, d’une renaissance. Ce tipi conique en peau de bison symbolisait l’Univers ou, à l’échelle du microcosme, l’être humain. Il était donc considéré comme sacré. Au centre de toute loge, à l’instar de notre fil à plomb, un axe vertical, représentant l’Homme, principe transcendant, reliait le Ciel-Père et la Terre- Mère.

C’est un foyer qui marquait, au centre de la loge, dans la tradition amérindienne, la présence du Grand Mystérieux, le Wakan Tanka, celui qui est en tout et en même temps au-dessus de tout, notre Grand Architecte de l’Univers. Héhaka Sapa (Elan noir), vieil homme-médecine Sioux mort en 1950, disait que « la loge est une image de l’Univers et son feu central le nombril où demeurent le Grand Esprit et son Pouvoir, qui est le feu. »

Cet axe vertical était parfois figuré par un cotonnier sacré, dans la grande loge circulaire nécessaire à la Danse du Soleil, célébration du renouveau lors du Solstice l’été, loge rituellement construite sur le modèle du déroulement de la création du monde.


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Sweat lodge (loge à transpirer)

La porte des tipis coniques était de petite taille. Aussi, pour y entrer fallait-il se baisser, ce qui n’est pas sans rappeler l’entrée dans le Temple, lors de notre initiation. Pour les amérindiens, ce mouvement était symbole d’humilité. Chacun, au moment où il se baissait, prononçait cette prière : « Grâces soient rendues ! En me baissant pour entrer dans cette loge, je me souviens que je ne suis rien devant toi, Wakan Tanka, qui es tout. »

Une personne restait assise à côté de la porte. Une autre attendait à l’extérieur. Dès qu’ils étaient dans la loge, les hommes en faisaient le tour dans le sens de la marche du Soleil. En effet, lors des cérémonies, la circumambulation suivant la marche du Soleil est en usage courant, notamment chez les Sioux. Héhaka Sapa explique ainsi le sens de circumambulation : Le Sud est la source de la vie, de la chaleur, du bonheur. L’homme vient du Sud en s’avançant vers le couchant de sa vie, l’Ouest. Il s’approche ensuite du Nord où le froid va blanchir ses cheveux. Enfin, vers l’Est, il retourne d’où il est venu, à la source de la lumière et de la connaissance, là où il est né avec le lever du jour et où il va rendre sa vie.

Pour l’amérindien, la vie est donc un cycle. Il l’exprime très bien grâce à un puissant symbole initiatique : la gueule du loup, notre cabinet de réflexion. Le loup dévore le novice (mort), puis le rejette une fois initié (renaissance). Ce passage dans la gueule du loup symbolise la descente aux enfers, la mort et les ténèbres. En sortir symbolise le retour à la vie et à la lumière initiatrice.

Le chef de tribu devait toujours être assis face à la porte de la loge. Le calumet circulait et les quatre points cardinaux étaient consacrés, ainsi que le ciel-père et la terre-mère. Les amérindiens avaient conscience d’être issus de la terre.

 
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Les fumigations étaient d’usage : L’eau était jetée sur des pierres brûlantes et la vapeur se répandait, mêlée à l’odeur des herbes aromatiques, souvent de la sauge, pour purifier les corps et les âmes et se rapprocher ainsi du Grand Esprit.

« Nous sommes tous apparentés », était une déclaration prononcée par chaque Sioux après avoir fumé le calumet avec les autres. Il s’agissait de réaffirmer leur fraternité, comme lorsque nous procédons à la chaîne d’union

A la fin de la cérémonie, en sortant dans la lumière, chacun était purifié et libéré de l’ignorance de l’égo.

Comme nous pouvons le constater, nombreux sont les symboles, les valeurs, voire les rites, que nous, francs-maçons, partageons avec d’autres peuples, parfois même considérés comme « primitifs ». Le monde des symboles peut aussi être transmis par tous de façon orale. Les amérindiens, d’ailleurs, ne possédaient pas d’écriture car ce qui est sacré ou appartenant au domaine spirituel ne doit pas être figé, ce qui empêche le flux sacré de circuler. Les valeurs maçonniques se retrouvent chez ces anciens peuples d’Amérique et se manifestent en ces quelques mots : « L’homme qui est pur contient l’Univers dans la poche de son cœur ».

Hechetu Welo (« C’est ainsi ») avait le sens de « J’ai dit » et concluait la prise de parole du chef de tribu pendant les cérémonies. Aussi, « Hechetu welo » !

Vanessa D.