Grande Loge des Cultures et de la Spiritualité




 

De la cosmogonie et spiritualité égyptienne
de nos jours de la semaine


 Cet article est publié dans le cadre 
de la Lettre GLCS de rentrée 2021 (#48)

Le nombre de levers héliaques des étoiles observées par les Égyptiens pendant la nuit la plus courte d'été était de 12. La  nuit a alors été divisée en 12 heures virtuelles : on observait un décalage d’une étoile et d’une heure à chaque décade.

Ces décans ne seront utilisés qu'en Égypte car le ciel des deux Terres ne se voit... qu'en Égypte ! Les Livres de la Sortie vers la Lumière comportent douze parties correspondant aux douze heures de la nuit, métaphore du cycle de la création et de la recréation. Toute la  nuit, le soleil devait lutter contre son ennemi juré, le serpent Apophis.

Or le jour ne comportait que 10 heures ouvrées comme par exemple l’illustre une peinture de la tombe de Séthy Ier, pharaon qui régna de 1318 à 1304 av. J.-C. Elle représente un cadran solaire divisé en dix heures entre le lever et le coucher du Soleil. Les Égyptiens y rajoutaient une heure pour l'aube et une heure pour le crépuscule. Si l’on ajoute celles de la nuit aux 10 heures du jour et aux deux heures frontières de l’aube et du crépuscule, on obtient une division de la journée égyptienne de 24 heures. Seule l’Égypte la pratiquait et non pas la Mésopotamie. 

Dans ce système, le "Un" (On en égyptien) reste insaisissable mais sa meilleure hypostase, représentation depuis l'Egypte est l'Etoile polaire autour de laquelle le fonds cosmogique du ciel semble tourner.

L'étoile polaire est, de façon générale en astronomie, une étoile visible à l’œil nu se trouvant approximativement dans l'alignement de l’axe de rotation d’une planète, en particulier de la Terre. Actuellement, l’étoile polaire dans l’hémisphère nord de la Terre est Alpha Ursae Minoris (α UMi), l’étoile la plus brillante de la constellation de la Petite Ourse, appelée aussi pour cette raison l'Étoile polaire (avec une majuscule).

Il n'en pas toujours été ainsi. Les prêtres astrologues des deux Terres du Nil ne l'ignoraient pas. Sur la Terre, l’axe de rotation varie sur une période d’environ 26 000 ans, passant près de différentes étoiles à différentes époques. Parmi les étoiles ayant été susceptibles de servir d’étoiles polaires à d’autres époques, on peut citer α Lyrae (Véga), il y a environ 14 000 ans, mais de façon assez imparfaite, puisque jamais à moins de 5° du pôle nord céleste. 

De sorte qu'ils nommèrent cette étoile "septa" (sothis en grec, "enfant de Seth") parce qu'elle semble avaler les sept étoiles de la petite ourse au lever du soleil au sud. Au nord, donc au "septentrion", la faible clarté du ciel permet encore de distinger l'étoile polaire et les sept étoiles de la petite ourse que l'étoile polaire soit ou non l'une d'entre elles.

Or c'est au Nord, symboliquement au septentrion, que le soleil se ressource après avoir mené bataille à la onzième heure du jour suivant le zénith, 23ème heure du jour et sixième heure de la nuit égyptienne, celle de la re-création de vie qui prépare la sortie vers le jour à l'aube.

A l'aube, l'étoile polaire au fur et à mesure du lever héliaque semble avaler les 7 étoiles de la petite Ourse.

Voilà pour le contexte.

J'ai déjà expliqué comment les heures de la nuit figurent la lutte pour la création du monde divin, c'est-à-dire de l'univers, ce monde qui tourne lentement avec ses constellations et ses décans autour du "Un" invisible. Ainsi que les jours de l'année et ses décans.

Tel est le plan divin dont on retrouve tous les détails astrologiques sur les plafonds de son double agenda, heures et décans.

Les heures du jour représentent inversement la création du monde des vivants, celui de l'homme et du système que nous appelons solaire.

A travers également un double agenda, celui des heures et des jours de la semaine.

Heures du jour et jours de la semaine

Ces jours et ces heures portaient des noms qui correspondent aux révolutions orbitales des astres en mouvement autour d'autres poles que l'axe du Un, que l'axe divin ou sa projection fixe.

Les égyptiens suivaient ainsi 7 astres "libres", ceux auxquels le créateur avait confié la création au septième jour : Saturne, Jupiter, Mars, Terre ou Soleil apparent, Vénus, Mercure, Lune.

lls les classèrent naturellement par ordre de mobilité, du plus lent encore proche du Un au plus rapide au plus proche de l'activité cyclique des humains.

Tout commence donc avec Saturne (10751 jours de période orbitale, un peu plus de 29 ans) associé au premier jour de l'agenda hebdomadaire de sortie vers la lumière à partir du  premier jour du "Un", donc de l'AN, et à la première heure de ce jour comme du premier jour de chaque semaine selon la théophanie du double agenda.

L'heure suivante on vénère (au sens antique, "on vit pour", on "travaille pour") Jupiter avec ses 4329 jours, soit environ 12 ans.

Et ainsi de suite…

À la septième heure on a épuisé le lexique des astres mobiles et donc à la huitième heure on recommence : Saturne, Jupiter...

Au crépuscule le jour "oeuvré" est achevé et on tombe pour ce premier jour sur le couple terre-soleil avec 365 jours orbitaux, qu'on met en réserve pour l'aube du jour suivant. C'est donc cet astre, dans notre premier jour de la semaine et de l'année, qui donnera son nom à ce nouveau jour, c'est à dire le couple terre-soleil, c'est-à-dire dimanche.

Ainsi Dimanche suit  Samedi.

Par ce même calcul, le jour suivant est celui de la Lune, astre mobile sur la toile du cosmos, donc Lundi

Et ainsi de suite jusqu'à vendredi avec Vénus de 225 jours.

Le Nouvel an dans l'Égypte antique était le premier jour du premier mois de la saison de l’inondation des cultures par le Nil : le I Akhet 1. Akhet ou HORizon, dérivé de Aket, Isis en grec, ainsi superposé à Osiris, le Nazaréen, celui qui renaît.

On comprend mieux pourquoi Mossa (Moïse) Amenhotep IV choisit de s'appeler AkhetAton dans son cartouche royal, ou Akhenaton (le N est d'ordre 14,l e diviseur divin).

Ces astres portent des noms égyptiens bien sûr qui ne sont pas vraiment des dieux mais des projections, des "hypostases" terrestres du ON (UN).

La spiritualité égyptienne est profondément monothéiste, à la différence des spiritualités qui s'en empreigneront et trouveront progressivement l'unité de la tradition primordiale. Autre histoire !

L’Égypte classe ainsi les astres les plus voyants et les principaux de son bestiaire astral symbolique dans l’ordre décroissant de leur période de re-présentation :
  • Osiris, associé à Saturne nommé Harkhari de révolution de 29 ans (Osiris = O-Sa-Ra) ;
  • Horus, associé à Jupiter nommé Hartapshipiou de révolution de 12 ans ; 
  • Seth, associé à Mars nommé HoremAkhet de révolution de 22 mois ;
  • Rê, associé au Soleil (Oiseau Bénou) de révolution de 12 mois ;
  • Hathor, associé à Vénus nommée Douanou-Bonou de révolution de 7,5 mois ;
  • Thot, associé à Mercure nommé Sovkou de révolution de 3 mois ;
  • Isis, Aset, associée à la Lune nommée Khonson (Kingu en Sumérien) de révolution de 28 jours.
Chacun appréciera les relations de parenté cosmologique que fait apparaître ce dispositif, que je ne détaille pas.

Reprenons

Le fond du ciel est quasi immobile, proche de l'éternité du créateur, le UN polaire.

Les astres errants sont d'autant plus éloignés qu'ils bougent rapidement vus de Terre évidemment.

Il y a 7 astres mobiles.

Le jour fait 12 heures mais 10 seules comptent.

Aube et crépuscule sont les deux frontières entre humain et divin.

Les 12 heures de la nuit sont pleines et du ciel (divines)

Arrivé au crépuscule, on est donc en réalité au quatrième astre de la liste du jour (quatre : l'homme se souvient des cieux)

Si le jour est Samedi (Osiris), au crépuscule on est parvenu au Soleil (Ré) qui sera donc le nom du jour suivant et celui de sa première heure.

Le jour suivant sera par le même calcul Lundi (Isis, Aset prononcé Aket) et le dernier jour de la semaine sera bien Vénus (Hathor qui "protège" et annonce le soleil en portant en tête HAT les cornes (HOR ou HORN) qui représente sa trajectoire autour du Soleil)

Les mathématiciens appelent cela une numération "modulo 7

On notera que les multiples du 7 (SEPTA) modulo 10 et 24 donnent le même résultat.

Ce qui réconcilie les 2 plans "justes et parfaits", humain à base 10 et divin à base 24.

Une mécanique mathématique et une représentation mnémotechnique merveilleuse que l'oedipe spirituel n'a pu complètement effacer et dont nos calendriers portent encore la trace en véhiculant le souvenir d'une science qui ne s'est pas totalement perdue.

Voilà pourquoi la semaine commence samedi et la création se fait symboliquement en 6 jours, le 7ème étant consacré au repos du créateur et au labeur de l'homme qui parachève l'œuvre.

C'est juste un aperçu !

Évidemment la Bible donne une interprétation éthique à reprendre terme à terme. Ce sera pour... un autre jour avec sa traduction dans l'Art dit Royal.

Mais chacun peut se mettre sur le "Chemin d'Anna ou du ON" auquel j'ai beaucoup consacré.

Patrice Hernu