Grande Loge des Cultures et de la Spiritualité




 

Egmont, Hornes, Stuart, Albe, Elizabeth, Thiers...


 

LE REFUS UNIVERSEL DES GUERRES AU NOM DES RELIGIONS

Du Comte d'Egmont aux Communards (certains)

COMMUNE + 150 ?

Au moment où la fureur religieuse de minorités agite de nouveau le Moyen Orient prenons un peu de hauteur à l'occasion du 150e anniversaire du souvenir de la Commune de Paris.


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BRUXELLES 1568



La fontaine des comtes d'Egmont et de Hornes, au Petit Sablon à Bruxelles , célèbre la mémoire des comtes d'Egmont et de Hornes. Œuvre du sculpteur Charles-Auguste Fraikin réalisée en 1864 , elle fut initialement placée sur la Grand-Place de Bruxelles , devant la Maison du Roi , à l'emplacement où avait été dressée en 1568 l'estrade qui servit à la double décapitation.

La foule est nombreuse, mais silencieuse, grave. Les gens sont venus de partout.

Un chariot progresse lentement à travers cette marée humaine. À bord, se trouvent deux hommes. En chemise blanche, le col ouvert, fiers et droits. Ils ont été condamnés à mort et, bientôt, vont être décapités.

Nous sommes le 5 juin 1568 et, dans quelques instants, les comtes d’Egmont et Hornes, cousins, vont être exécutés. Pourquoi ?

Remontons deux ans auparavant. En Flandre, une chapelle a fait l’objet d’une attaque en règle, durant laquelle toutes les statues des saints ont été détruites. Un évènement qui mit irrémédiablement le feu aux poudres.

La furie protestante va alors se répandre sur une grande partie du territoire. De nombreuses églises et des couvents seront saccagés.

Philippe II d’Espagne, roi catholique qui règne sur nos provinces pour mettre fin aux troubles et mater les protestants, réagit en envoyant le duc d’Albe, pour faire arrêter le comte d’Egmont, gouverneur de la Flandre et de l’Artois, ainsi que le comte de Hornes.

Tous deux sont certes catholiques, mais opposés à la violence de la répression contre les protestants.

Chevaliers de la Toison d’or ayant osé critiquer la politique royale, ils sont accusés du crime de lèse-majesté. Une accusation qui équivaut à une sentence de mort…

Le décès tragique d’Egmont et de Hornes fera beaucoup de bruit à l’époque. Les deux comtes seront considérés comme des héros ayant affronté, au péril de leur vie, le despotisme et l’intolérance religieuse.

Montaigne parlera d’ailleurs de « cette tragédie que le duc d’Albe nous fit voir à Bruxelles. »

Voltaire, Goethe et Schiller, quant à eux, les présenteront dans leurs écrits comme de véritables « héros de la liberté », tandis que, bien des années plus tard, le grand Beethoven composera une musique intitulée Egmont.

Le jeune État belge, lui, fera des deux comtes des « héros nationaux », luttant avant la lettre pour l’indépendance de leur pays !

Si vous passez par la Grand Place, imaginez, au milieu de celle-ci, une plateforme de bois surélevée avec, en son centre, un billot et un bourreau. C’est là, à cet endroit aujourd’hui si paisible, qu’eut lieu cette exécution.

En 1859, Bruxelles érigea un monument à ses deux martyrs (photo). D’abord installée sur la Grand-Place, la sculpture, qui représente les deux cousins se dirigeant vers l’échafaud, fut transférée en 1890 au Petit Sablon où l’on peut toujours les voir et imaginer ce terrible moment de répression sanguinaire.

Premiers héros humanistes du futur Etat belge.

EDIMBURG ET LONDRES 1587

Marie I d’Écosse (en anglais Mary, Queen of Scots, en gaélique écossais Màiri, Bànrigh na h-Alba), née Marie Stuart le 8 décembre 1542 et morte exécutée le 8 février 1587, est souveraine du royaume d’Écosse du 14 décembre 1542 au 24 juillet 1567 et reine de France du 10 juillet 1559 au 5 décembre 1560. Fille de Marie de Guise et de Jacques V, Marie devient reine d’Écosse à la mort de son père, alors qu'elle n'a que six jours. La gestion du royaume est confiée à des régents, comme sa mère Marie de Guise ainsi que son cousin après le décès de la régente ; la reine grandit en France, d'abord à la cour de France puis dans un second temps dans un couvent afin de la protéger d'attaques éventuelles.

Plus tard, en exil, elle tentera de retrouver son trône en cherchant l'appui de sa cousine Élisabeth I d'Angleterre. Celle-ci la perçoit comme une menace, car Marie est considérée comme l'héritière légitime du trône d'Angleterre par les catholiques. Elle fait alors emprisonner Marie dans diverses prisons anglaises pour éviter qu'elle ne conduise un soulèvement. Marie Stuart est finalement exécutée après 18 ans de captivité, pour complot de meurtre contre Élisabeth I .


La persécution des catholiques ne fait que commencer.


La violence protestante fait écho à la violence catholique du duc d'Albe.


Comme en Angleterre comme en Ecosse ou en Flandre et Belgique, bien des hommes veulent mettre fin aux guerres de religion. Ce sont des maçons avant la lettre, ceux qui finaliseront le dispositif initiatique des trois premiers degrés.



En Angleterre, la maçonnerie catholique devient protestante et devient un lieu de concorde universelle. Projet mis à mal par les Tudor mais la volonté est là.



Marie première héroïne, peut-être malgré elle, de la franc-maçonnerie libre et universelle.

PARIS 1871

Bien plus tard d'autres maçons se réuniront par milliers devant l'hôtel de Ville de Paris pour tenter d'arrêter les tueries des deux camps de la Commune de Paris dont nous fêtons le 150ème anniversaire du souvenir.

Un hommage parfois ambigu mais l'esprit continue de souffler pour celles et ceux qui savent l'écouter…

Héros plus contemporains d'un humanisme en acte.

Ici nous les relions dans un même hommage aux côtés de Louise Michel et de bien d'autres.



Forget me not! Myosotis.

Eléments de réflexion rassemblés par un membre de la GLCS

Iconographie

La Fontaine des Comtes d'Egmont er de Hornes à Bruxelles

Une Marie Stuart ressemblant à son portrait mortuaire à s'y méprendre

Des Communards exécutés sans sommation