Elizabeth de Saint Léger - Lettre#26 10/9/2018

Il y a sans doute eu bien d’autres femmes femmes dont l’histoire n’a pas gardé le nom...
   

Élisabeth de Saint-Léger

Élisabeth de Saint-Léger. (1692-1773) est une aristocrate Irlandaise dont la famille Française d’origine (Yvelines et Normandie) est venue en Angleterre puis en Irlande dans le sillage des conquêtes de Guillaume le conquérant. Le premier Saint Leger s’appelle Robert de Saint Leger.

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Sir Anthony Saint Leger, chevalier de la Jarretière, qui sera vice-roi d'Irlande, pacifie l'île sous Edward VI et Marie Tudor. Cette branche des Saint Leger sera élevée à la pairie d'Irlande au début du XVIIIe siècle (Baron de Kilmayden et vicomte Donerail.

Il est avéré que le père d'Elisabeth, Arthur Saint Leger, Baron de Kilmayden, Franc Maçon accepté avait fondé une loge en sa maison à Donerail Court, comté de Cork et dont les fils et quelques amis intimes du Baron étaient membres. Des tenues avaient donc lieu au domicile du père d'Elisabeth.

Un soir, au début des années 1710, alors que la demeure de Donerail Court était en travaux, la fille du baron, Elisabeth, agrandit un trou dans le mur qui la séparait de la pièce où se réunissait l’atelier dirigé par son père.

Le couvreur, entendant ces bruissements, se précipite, rattrape la jeune femme, et vient la présenter aux frères de sa loge. Elisabeth qui n’a pas encore 20 ans, est confondue et avoue naturellement qu’elle a surpris les travaux et connait une partie des mystères et privilèges de la Franc-Maçonnerie.

Après des débats et échanges, houleux et difficiles-nous sommes en 1712 : soit 5 ans avant la création de la Grande Loge de Londres et de Westminster (qui deviendra la future GLUA)- les frères de l’atelier choisissent de procéder à l'initiation de la jeune femme : elle jure ainsi de garder le silence sur tout ce qu'elle a vu et découvrira en loge maçonnique !

Une femme a donc bien été initiée aux secrets de la Franc-Maçonnerie, 170 ans avant Maria DERAISME mais avant même la naissance des fondements de la Franc-Maçonnerie dite moderne sous l'impulsion de la réorganisation anglaise.

Elisabeth Saint Leger, devenue Aldworth, par son mariage avec Richard Aldworth demeurera franc-maçonne pendant encore 60 ans. Jamais elle ne sera chassée de sa loge, dont le titre distinctif s’est perdu ; elle en sera même l’un des Vénérables Maîtres.

Dominique Lechesne

Suite à une discussion avec le Grand Maître du Grand Orient du Québec, Yves V.,
avec lequel la GLCS entend entretenir des relations d'échange et d'amitié


Note de La Lettre

Une loge de recherche de la LNF au convent de laquelle nous avons participé  porte son nom. Sans être mixte ce qui va peut-être changer puisque la LNF, dirigée par Roger Dachez 
est désormais plurielle et prend un « s » en regroupant des loges féminines jusqu’alors indépendantes. La Loge Saint Léger est toutefois ouverte aux SS et se trouve très fréquentée.

Lors de ce Convent la Loge Nationale Française d’ailleurs adopté la consécration d’une Loge occitane à Carcassonne travaillant sur les multiples et riches traditions de l’Aude, la Loge Averroès. 

Peut-on tout juste regretter que la Loge Elizabeth de Saint Léger travaille quant à elle sur la tradition britannique qui n’a sans doute qu'un rapport indirect avec l’Irlande d’où nous vient l’usage de faire des planches. Cet usage se répandit en France à partir de la Loge du régiment irlandais de James II à Saint Germain en 1689. Cet usage n’existe pas en Angleterre. 

Cette Loge de recherche travaille en effet au rite anglais correspondant au rite Emulation. Elizabeth de Saint Léger aurait-elle été initiée sous les auspices d'un rite simplifié réservé aux messieurs ? Nul ne le saura mais avant 1717 le rite écossais de l'époque ne s'opposait clairement pas à ce qu'une femme fut initiée !

Cette appartenance est totalement avérée. Elisabeth de Saint Léger a même en effet été VM de la loge 44 de la Grande Loge d’Irlande, la Loge 44 n'étant pas forcément celle où elle a fait irruption. Les historiens ne semblent pas avoir fait accord sur ce point !

 Il y a sans doute eu bien d’autres femmes dont l’histoire n’a pas gardé le nom parce que tout simplement elles ne se sont pas faites surprendre ou n'étaient pas nobles !

 
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