Méridienne et Rose ligne - Lettre#26 10/9/2018
   

La Roseline

Méridien un temps dit "0", méridienne verte plus récemment, méridien de Saint‑Sulpice, de Bourges, méridien de Paris, sont autant de lignes virtuelles connues du grand public de manière souvent tronquée. Et pour cause, la communication est particulièrement trompeuse, car tout n'est pas dit.

L'histoire officielle du Méridien de Paris  commence au XVIIe siècle sous Louis XIV.

Pourtant le sujet est bien plus complexe... Il regorge d'énigmes et touche la géographie secrète et sacrée de la France. Ces énigmes, vraies ou fausses, ne tiennent pas au hasard. Elles recouvrent l'histoire symbolique et les affrontements qu'ignorent nos livres d'histoire et particulièrement les luttes d'influence entre catholiques et protestants, maçons écossais et maçons d'influence anglo-saxonne, gnostiques et agnostiques. Elles révèlent également un roi dit Soleil bien plus complexe et ésotérique qu'on le présente généralement.

Nous allons donc consacrer plusieurs articles à la présentation des lieux sacrés de la rose ligne française qui entendait croiser et compléter la rosslyn écossais, en commençant par le lieu qui fait le succès du Da Vinci Code et dont l'appartenance à cette ligne des Roses verticales de Dunkerque à Carcassonne est la plus contestable. Et pourtant ce rattachement de l'Eglise et de la Place Saint Sulpice, à 150 mètres près, fait également sens comme on va le voir dans ce premier épisode de la saga méridienne, une balade initiatique qui traverse la France.

Au cours de la seconde partie du XVIIe siècle des astronomes dont Adrien Azout, soutenus par Jean-Baptiste Colbert alors surintendant des Bâtiments de Louis XIV, décident de faire édifier l’observatoire de paris, situé faubourg Saint-Jacques.

Le 21 juin 1667, jour du solstice d’été, les astronomes et topographes se mettent à l’œuvre. Les quatre frères Cassini sont présents : Jean Dominique Cassini dit Cassini 1er , Jacques dit Cassini II, César François Cassini de Thury (qui dressera les cartes du royaume de France, Jean-Dominique Comte de Cassini (qui déterminera les schémas topographiques de l’état français, l’abbé Jean Picard qui calculera la valeur d’un arc méridien entre Paris et Amiens, le scientifique Boemer et Christian Huygens (expérimentateur et théoricien qui donna un large développement à l’usage des mathématiques (il découvrit entre autre les anneaux de Saturne et le satellite de Titan). Cette élite se verra confier la responsabilité de matérialiser le Méridien (méridienne de Paris, en partant de Dunkerque et passant à Carcassonne à quelques encablures de la cité et de la tombe de nazaire le naearéen, puis traversant par un curieux hasard, ce qui va faire plaisir aux passionnés du trésor de l’abbé saunière, la région de Rennes le Château, en effleurant la pique grosse du pech de Bugarach, pour finir au Prat de Mollot qui constitue le dernier point du méridien situé en Espagne. 

En consultant d’anciens documents, on constate aujourd’hui, que ce tracé de couleur rouge qui, s’étire sur les cartes va également tutoyer l’île de Hierro situé à l’ouest de l’archipel des Canaries. Selon certains ce parcours connu entre autres sous le nom de Rose ligne aurait une connexité alchimique… Il nous convie à une balade initiatique sans pareil de la pyramide du Louvre aux bergers d'Arcadie de Nicolas Poussin.

En fait, la Rose Ligne est bien plus que la Méridienne. Louis XIV fit le projet de reformuler tout le système de mesures du mètre comme fraction du demi méridien terrestre au "La" comme fréquence venue de la pyramide de Khéops... La Rose Ligne devait croiser la Rosslyn qui allait de la Perse à Edimburg...

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Saint Sulpice

L'église de Saint Sulpice accueillit sa première méridienne dès 1727. Mais l'horloger Henry de Sully mourut un an après avoir commencé le tracé de sa méridienne qui restera inachevée, et dont on aperçoit encore quelques traces (voir à droite la flèche bleue). En 1743, l'astronome Charles Le Monnier reprit et acheva le projet.


Cette méridienne mis en opéra par Dan Brown dans le Da Vinci Code se trouve en fait à 115m du méridien de Paris.

Le film de Ron Howard qui en est tiré, la présente comme un objet mystérieux abritant un secret bien gardé. Pourtant des méridiennes tracées au sol des églises, on en trouve en grand nombre notamment en Italie, où elles ont été créées au XVIe et XVIIe siècles par de grands astronomes. La connaissance précise des événements astronomiques remarquables était primordiale pour la détermination des fêtes religieuses. 
La méridienne est matérialisée par une ligne courant au sol puis le long d'un obélisque, traversant l'église de part en part du sud au nord. Cette ligne est donc située presque sur le méridien de Paris, qui traverse également l'observatoire de Paris.


Un œilleton situé très en hauteur près des vitraux sud, projette l'image du Soleil au sol. Cette image croise la méridienne au moment du midi solaire de Paris, à un emplacement dépendant de la déclinaison du Soleil, donc du moment dans l'année. Au solstice d'été, le Soleil étant au plus haut dans le ciel, le disque solaire projeté au sol croise la méridienne à son extrémité sud (voir la photo ci-dessous à gauche). A l'inverse, au solstice d'hiver, l'image du Soleil atteint le haut de l'obélisque, coté nord (photo ci-dessous au milieu). Le reste de l'année, le disque solaire traverse la méridienne entre ces deux points (photo ci-dessus à droite).

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Sur la photo à gauche, disque lumineux passant la ligne de midi au lendemain de l'équinoxe de printemps. La déclinaison du soleil ayant légèrement augmenté en une journée, le soleil est plus haut dans le ciel et le point de projection est légèrement plus proche du mur sud par rapport au repère de l'équinoxe.

 

L'Eglise Saint- Sulpice est plus grande que Notre Dame de Paris. La construction fut décidée en 1643 sous l'égide du Prince de Condé. La façade restée inachevée illustre les trois ordres architecturaux propres au symbolisme des trois colonnes avec la force du dorique, la sagesse du ionique et la beauté du corinthien. 

Les deux tours furent un temps symétriques Jean-François Chalgrin, un franc-maçon de la loge Les coeurs Simples de l'Etoile Polaire, restaura celle du septentrion et habilla la tour d'un fronton triangulaire. Dès lors elle fut appelée la "tour franc-maçonne" et l'Eglise surnommée le nouveau Temple de Salomon.

Ce n'est toujours pas une croix mais une étoile flamboyante qu'à l'extérieur l'Orient de l'Eglise arbore. Quant à Saint Pierre il tient dans sa main gauche son propre évangile que l'Eglise a mis de côté depuis longtemps.

Pour mettre l'Eglise en valeur, on conçut une place monumentale à laquelle l'Eglise s'opposa car il aurait fallu détruire le séminaire qui s'y trouvait depuis 1650. Il fut néanmoins démoli en 1800 par Napoléon qui fit édifier une fontaine bientôt remplacée par une fontaine plus grande rendant hommage aux grands prédicateurs du règne de Louis XIV. Hommage également indirect à la Rose Ligne ou Roseline.

En effet, aucun des quatre évêques représenté n'accéda jamais au rang de cardinal si bien que bientôt la fontaine fut baptisée par la Fontaine des point cardinaux, point sans "s", chaque prédicateur se tenant à un point cardinal d'ailleurs. Trois des quatre prélats tiennent symboliquement le livre fermé, comme des volumes d'une loi sacrée non forcément écrite.

Seul le quatrième tient son "yod", sa plume, se tenant comme couvreur face à l'Eglise. Il s'agit de Fénelon, tombé en disgrâce après la publication des aventures de Télémaque.

Mais on comprendra mieux en se rappelant que Fénelon avait pris à son service le Chevalier Ramsay qui contribua à répandre en France le rite écossais déjà venu avec les loges de Saint Germain et James II. Ramsay développa l'idée d'une maçonnerie universelle et son "discours" influenca le développement ultérieur des hauts grades. Ramsay ne se sépara de Fénelon qu'à sa mort en 1715, deux années avant que les anglais ne commencent à vouloir reprendre en main la tradition.

La place se termine à l'occident via la rue Bonaparte où, au numéro 80, se tiendra au XVIIIe siècle le siège du Grand Orient de France sous la houlette du traître Philippe d'Orléans. Dans les mêmes lieux se réunissaient la loge des Neuf Soeurs, prestigieuse mais jacobite et que le Grand Orient de l'époque mit pour cette raison 25 ans à reconnaître.

 
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