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Edito de Pierre Chastanier : OTAN ou OTA ? 26/3/2022
   

OTAN ou OTA ?   

Quand on regarde une carte vue du Pôle Nord on s’aperçoit que l’Europe (Finlande en tête), l’Amérique Nord (Canada et USA - Alaska) et la Russie sont les seuls riverains de l’Océan Arctique.

La planète NORD regorge de cultures et de civilisations, de ressources naturelles, d’intelligences et au lieu de se déchirer comme elle le fait actuellement en Ukraine elle pourrait être le phare de la planète toute entière et aider au développement d’une grande partie de la Planète SUD.

L’OTAN (Organisation du Traité de l’Atlantique Nord) a été constituée en 1949 pour mettre en place « une alliance militaire défensive contre toute attaque armée contre l’un de ses membres » dans le contexte du début de la guerre froide occasionné par le blocus de Berlin Est par les Soviétiques.

En réponse à cette alliance militaire, l’URSS, adversaire désigné de l’OTAN, constitua en 1955 le Pacte de Varsovie à la suite de l’adhésion de la RFA à l’OTAN et à son réarmement incluant la dissémination d’armes nucléaires aux frontières du bloc de l’Est.

En 1990, Gorbatchev abandonnant la doctrine Brejnev accepta le retrait de la RDA de ce Pacte avant la réunification de l’Allemagne en échange d’un engagement qu’aucune troupe étrangère et qu’aucune arme nucléaire ne serait stationnée à l’Est.

Finalement ce Pacte de Varsovie fut dissous en Juin 1991 quelques mois avant la chute de l’URSS.

Mais contrairement aux promesses américaines, les pays de l’ex bloc de l’Est adhérèrent rapidement à l’OTAN qui ne resta plus séparé de l’alliance militaire occidentale que par quelques pays neutres (Finlande, Autriche, Suisse, Suède) et un bouclier à ses frontières formé par la Biélorussie et l’Ukraine.

Tout en ne partageant aucunement l‘agression inhumaine dévastatrice de l’Ukraine par Poutine, on voit bien que le coup d’Etat ukrainien de 2014 amenant au pouvoir un gouvernement pro-occidental totalement opposé à la Russie, supprimant du jour au lendemain le russe comme seconde langue officielle dans les régions russophones et demandant au plus vite son rattachement à l’OTAN allait entraîner une vive réaction dans ces régions qui s’estimaient soit russes et non ukrainiennes comme la Crimée soit russophones (et non forcément russophiles) comme le Donbass. (Imaginons une prise de pouvoir des Wallons à Bruxelles interdisant brutalement l’usage du Flamand)

Le referendum de Crimée approuvé à une écrasante majorité un mois seulement après le renversement à Kiev du Président pro-russe Ianoukovytch fut constaté sans réaction militaire ukrainienne sinon la non-reconnaissance de ce referendum par l’ONU en contradiction pourtant avec sa Charte sur le Droit des Peuples à disposer d’eux-mêmes et son attitude quelques années plus tôt au Kosovo.

En revanche la proclamation après referendum des Républiques séparatistes du Donbass (Donetsk et Lougansk) amena l’armée régulière ukrainienne à entrer en guerre avec les séparatistes et à bombarder les deux républiques auto-proclamées… alimentées en matériel de guerre par les Russes, comme l’Ukraine l’est aujourd’hui par l’OTAN.

La crainte de voir disparaître ce « Bouclier neutre Ukraine-Biélorussie » après le non-respect des engagements pris au moment de la dissolution du Pacte de Varsovie explique sans les justifier les causes du conflit actuel qu’il est impératif de cesser au plus vite.

Comment ?

Il est hors de question d’accepter en dehors de la Crimée qui ne voudra jamais redevenir ukrainienne que la Russie se saisisse du moindre territoire ukrainien afin que soit respectée l’inviolabilité des frontières.

La question qui reste posée aux dirigeants ukrainiens est de savoir s’ils accepteraient que sous réserve des résultats d’un referendum organisé sous contrôle de l’ONU, les républiques séparatistes du Donbass puissent soit devenir indépendantes soit rester ukrainiennes sous un régime d’autonomie (comme on l’envisage pour la Corse)

La Russie devrait alors choisir entre l’arrêt du conflit et l’annulation immédiate des sanctions et l’amplification de celles-ci en appui à une résistance ukrainienne plus coriace que ce que Poutine pouvait imaginer alors qu’il croyait  être accueilli au Donbass comme un libérateur !

Pourrait-on aller plus loin ?

L’Europe s’apprête à prendre des mesures en matière énergétique et agricole qui sans mettre la Russie à genoux (elle vendra son gaz et son pétrole aux Chinois) pénaliseront pour des décennies l’économie européenne.

Les Américains ne se sentent pas concernés puisqu’ils sont exportateurs de ces produits fossiles et l’affaiblissement économique de l’Europe ne les gêne guère !

On coupera les gazoducs, on redéveloppera le nucléaire, on cessera tout commerce avec la Russie pourtant devenue un des greniers à blé de l’Europe justement après des sanctions économiques qui la poussèrent à se restructurer (il est bien loin le temps où le milliardaire rouge Jean-Baptiste Doumeng vendait le blé français aux Russes) !  

Ces conséquences néfastes continueront à produire leurs effets bien après la disparition de Poutine et le rejet des Russes par l’Occident sera cette fois bilatéral !

OTAN ou OTA ?

Et si à l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN) on substituait l’Organisation du Traité de l’Arctique (OTA) unissant tous les continents riverains de cette région polaire qu’il faut protéger pour l’avenir de la planète et qu’on ne doit exploiter qu’avec les plus grands soins puisqu’elle regorge de ressources fossiles (30% du pétrole mondial), on pourrait négocier l’arrêt définitif des conflits entre Amérique du Nord, Europe et Russie, la suppression de l’OTAN et de ses menaces militaires ne pouvant conduire qu’à un conflit nucléaire, la fin immédiate de la guerre en Ukraine et la reconstruction du pays par un nouveau Plan Marshall soutenu par les Russes, les Américains et les Européens dont le coût serait dérisoire par rapport aux économies générées immédiatement par l’arrêt des hostilités et ultérieurement par l’arrêt de la course aux armements.

Alors aux déclarations hégémoniques de Biden lors de son élection « L’Amérique va à nouveau régir le monde » on pourrait substituer une devise plus humaniste « l’OTA va pouvoir servir le monde »

Pierre Chastanier

 
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