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Edito de Pierre Chastanier : Peut-on essayer de faire du « Zemmour » humaniste ? 12/2/2022
   

Peut-on essayer de faire du « Zemmour » humaniste ?   

Il est des propos d’Éric Zemmour notamment sur Pétain, sur les femmes, sur la généralisation de ses attaques contre les Musulmans qu’on ne saurait tolérer.

Mais sans même avoir vu des films comme « BAC Nord » ou « Les Misérables » on doit bien reconnaître que s’agissant de l’immigration, de la sécurité publique et de la délinquance, il dit tout haut, ce que beaucoup de Français pensent tout bas même s’il est loin de faire l’unanimité puisque les sondages ne lui donnent qu’autour de 15% d’intentions de vote.

Pourtant, selon Valeurs actuelles, 80% des sympathisants de Droite adhèrent à ses idées sans pour autant adhérer à sa personne, pourcentage un peu plus faible mais également majoritaire à Gauche où l’on considère qu’en matière d’immigration « on ne peut plus rien dire sans se faire traiter de raciste » ce qui contrairement à ce qui est largement proclamé dans les médias démontre qu’il « bénéficie, d’une adhésion nettement supérieure parmi les classes populaires qu’au sein des classes aisées ».

Commençons par ses condamnations pour incitation à la haine raciale.

Je ne cherche en aucune façon à justifier ses propos mais à rappeler la présomption d’innocence selon laquelle tout justiciable est supposé innocent tant que sa condamnation n’est pas devenue définitive.

En 2010, Éric Zemmour est invité de l'émission "Salut Les Terriens" et lors d'un débat sur les contrôles au faciès, un migrant s'indigne : "Mais pourquoi on est contrôlé 17 fois ? Éric Zemmour répond : « Pourquoi ? Parce que la plupart des trafiquants sont noirs et arabes, c’est comme ça, c’est un fait ! ».

La 17ème chambre le condamne pour « provocation à la discrimination raciale ». Une sanction dont il n'a pas fait appel estimant que c’était un délit d’opinion qui n’aurait jamais été condamné ni en Angleterre, ni aux USA, ni en Italie. C’est à ce jour sa seule condamnation définitive sur les 16 poursuites judiciaires dont il a fait l’objet.

Il est néanmoins condamné une seconde fois en 2016, à nouveau pour "provocation à la discrimination raciale" après le dépôt d’un nombre impressionnant de plaintes : 700 plaintes déposées contre lui au CSA (sic) après l’émission « C à vous » où il explique que la France vit "depuis trente ans une invasion", avant d'ajouter que "dans d’innombrables banlieues, de nombreuses jeunes filles sont voilées", et qu’on est en présence d’une "lutte pour islamiser un territoire " ! Condamnation confirmée le 17 septembre 2019 par la Cour de cassation bien qu’un recours ait été formulé et accepté par la Cour européenne des droits de l’Homme.

Adepte des propos polémiques, Éric Zemmour est donc fréquemment poursuivi en justice. Son avocat décompte 16 poursuites devant les tribunaux dont une seule est définitive, celle pour laquelle il n’a pas relevé appel !

Et pourtant en avril 2020, le Ministère de la Justice précisait que la population carcérale était composée de 23,5% d'étrangers (14 964 sur un total de 63676 détenus) alors qu'on ne comptait que 7% d'étrangers dans la population française à cette période.

Toute vérité n’est donc pas bonne à dire !

Ce qu’un « humaniste zemmourien » si ça existe pourrait proposer :

Pas d’amalgame tout d’abord entre Etrangers et Français d’origine étrangère. La République ne saurait faire de discrimination entre ses citoyens et n’est pas toujours le plus « sous-chien » comme le dit si élégamment (!)  Houria Bouteldja, militante franco-algérienne des « Indigènes de la République » née à Constantine, celui qu’on dénonce ! Ainsi Éric Zemmour répondit-il à un Français Guadeloupéen qui le fustigeait, que sa famille était Française depuis la colonisation de la Guadeloupe en 1635 c’est-à-dire bien avant la sienne !)

On ne saurait donc confondre les Français de confession musulmane ou les Français d’origine arabo-berbère, qu’ils soient chrétiens ou musulmans, pratiquant ou non, avec des Etrangers quelle que soit leur nationalité ou leur religion.

On ne peut donc accepter envers ces Français à part entière la moindre discrimination en matière d’éducation, d’emploi, de logement et il serait bien présomptueux de leur reprocher les carences de notre système éducatif où nos politiques de tous bords portent une lourde part de responsabilité. 

Mais ce n’est pas pour autant qu’on justifiera la discrimination positive qui est la preuve d’un échec. Mieux vaut déployer des efforts sans précédent pour favoriser cette indispensable assimilation, seule façon de lutter contre des replis communautaristes religieux ou pas.

La querelle des prénoms

Éric Zemmour constate que l’immigration européenne (polonaise, italienne, espagnole, portugaise) pour favoriser son intégration a donné à ses enfants des prénoms français. Grand amateur de football, il note par exemple qu’Aldo Platini a appelé son fils Michel ! Mais Jules Mazarin n’en avait-il pas fait autant bien avant ?

Or, il sait très bien que la religion musulmane impose à ses fidèles de donner à leurs enfants des prénoms musulmans puisqu’ils font obligatoirement partie de l’Oumma !

La solution est simple : Qu’un Français musulman donne comme le font beaucoup d’autres Français à ses enfants plusieurs prénoms : Le jeune Mohammed- Augustin par exemple pourra choisir plus tard de conserver pour prénom d’usage celui qui lui conviendra le mieux ou qui le bloquera le moins dans un CV, dans la recherche d’un emploi, dans la signature d’un bail locatif…

La famille pourra ainsi, à la fois, honorer un Prophète ou un Grand-parent tout en honorant la France où elle a choisi de venir s’installer parce qu’elle s’y sentait beaucoup mieux que dans son pays d’origine.

N’en est-il pas de même quand Jean Ferrat dans « La Montagne » parle de ces Ardéchois (j’en suis) 

« Qui quittent un à un le Pays

   Pour s’en aller gagner leur vie

   Loin de la terre où ils sont nés »

Le cas des clandestins

On ne peut pas devant les difficultés de tous ordres auxquelles on doit faire face laisser échapper au contrôle du Parlement la politique migratoire du Pays. N’est-ce pas Michel Rocard qui disait qu’on ne peut pas accueillir toute la misère du monde ? Et ce n’est pas aux immigrés, notamment par le regroupement familial de décider à notre place qui nous souhaitons et pouvons accueillir.

Mais il faut compléter par une autre proposition humaniste bien plus importante : On doit par tous moyens, de la manière la plus efficace, lutter le plus possible, là où ce sera le plus aisé, contre toute cette misère du monde.

Et d’abord par une politique d’autosuffisance alimentaire dans les pays du tiers-monde.

Selon une étude sérieuse le solde des dépenses annuelles que l’Etat consent pour les immigrés (prestations sociales, CAF, RSA, APL ou allocations familiales) ainsi que l'aide médicale d'État pour les étrangers en situation irrégulière ou la prise en charge des mineurs isolés étrangers avec les recettes qu’il encaisse de leur part s‘établit autour de 26 milliards. On est loin des 70 milliards parfois annoncés par le RN mais avec la même somme dépensée en France on pourrait faire vivre en Afrique beaucoup plus de personnes !

A condition de lutter contre la corruption des dirigeants

A condition de ne pas choisir de dépenser tant d’argent pour la guerre

A condition de favoriser une véritable politique démographique,

A condition de ne pas ruiner tout effort de politique agro-alimentaire africaine tournée vers l’autosuffisance pour favoriser les exportations de grands industriels de la terre européens

Notons par exemple que le PIB moyen par habitant est de 38.415 €/an en France (31ème rang mondial) contre 1.452 € /an au Cameroun, soit 26 fois plus !

Si on ne peut convaincre les Européens de la nécessité d’engager au plus vite ce nouveau et gigantesque « Plan Marshall » alors il sera temps d’épuiser nos ressources à construire un mur aux frontières du continent car on ne pourra pas installer une mitrailleuse tous les 10 mètres !

Les clandestins doivent être reconduits à la frontière même si provisoirement on pourra faire des exceptions pour des immigrés illégaux intégrés depuis plusieurs années, qui travaillent, qui nourrissent leur famille, qui respectent nos valeurs !

A nos diplomates de faire comprendre aux pays d’origine qui refuseraient d’accorder à leurs ressortissants les laisser passer consulaires dont ils ont besoin pour rentrer chez eux qu’ils ont beaucoup plus à perdre qu’à gagner dans une telle attitude !

Le cas des étrangers criminels

Les étrangers ayant commis un crime ou un délit grave justifiable d’un emprisonnement représentent une charge insupportable. Un rapport parlementaire récent démontre que le coût journalier d’un prisonnier est d’environ 100 euros par jour (alimentation, entretien, personnel), soit 36.500 euros par an.

De plus face à une situation de surpeuplement carcéral les 15.000 places de prisons occupées par des étrangers nous font terriblement défaut. Cela empêche la justice de prononcer des peines d’emprisonnement qui seraient justifiées (aucune incarcération pour des peines de prison inférieures à 2 ans). Or le seul coût de la construction des 15.000 places de prison supplémentaires promises par Emmanuel Macron (mais jamais réalisées) avait été chiffré à 3.8 milliards d’euros sans parler des 687 millions d’€ supplémentaires de frais de fonctionnement.

Soyons assurés que payer dans ces conditions 36.500 € par an et par détenu pendant toute la durée de la peine restant à effectuer au pays étranger qui accepterait de recevoir dans ses prisons ses délinquants immigrés serait une offre qui ne se refuserait pas !!!

La lutte contre la délinquance dans les banlieues

Malheureusement il faut terminer cet édito par le sujet ô combien difficile des « Territoires perdus de la République » ces banlieues où policiers, pompiers, médecins, ne peuvent plus pénétrer et où seuls passent sous les fourches caudines des « Chouf » qui gardent les points de contrôle les misérables clients (Bobos ou paumés) qui viennent s’approvisionner en Shit.

On sait à quel point à Marseille ou à Trappes et bien ailleurs, la situation est devenue inextricable.

Envoyer la Police c’est exposer les Agents à des attaques imparables et meurtrières.

Et pourtant cette économie souterraine basée sur le trafic de drogue mais aussi le trafic d’armes, la prostitution et tant d’autres délits doit cesser, ne serait-ce que pour protéger les populations locales qui subissent plutôt qu’elles n’approuvent ces trafics qui détruisent l’avenir de leurs enfants. Quelle abnégation faut-il à un jeune Français issu de l’immigration pour travailler à l’école et gagner ensuite le SMIC quand un Chouf de 13 ans gagne déjà 100 à 150 € par jour avant de monter en grade comme dealer ?  

C’est par des méthodes nouvelles, infiltration généralisée avec un recrutement adapté, traque financière incessante (voitures de luxe en location, commerces bidons, appartements achetés sans ressources prouvées), intervention des forces armées pour boucler intégralement un vaste périmètre et enfermement provisoire pendant tout le temps d’enquête de toute personne récalcitrante présente dans le secteur, punition sévère et immédiate de tout refus d’obtempérer (pas seulement pour les immigrés !) , création de Tribunaux spécifiques pour des jugements en comparution immédiate, mesures d’isolement ou de bannissement en Guyane ou aux Kerguelen, internats militaires pour les mineurs, suppression des aides sociales pour les familles de délinquants…)

Mais aussi bien évidemment des mesures sanitaires d’éducation, de désintoxication, de traitement psychiatrique des drogués, de réinsertion, pour les victimes de ces addictions.

Et enfin prise en compte des grands circuits criminels vivant du trafic de drogue, recherche des parrains, recherche des Etats complices, surveillance des frontières et arrêt systématique musclé des Go Fast.

On peut être rigoureux (zemmourien ?) tout en respectant la personne humaine, tout en appliquant nos principes républicains : Liberté, Egalité, Fraternité, Laïcité.

Mais est-ce encore être zemmourien ? Pas sûr !

 

Pierrre Chastanier

 

 
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