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Edito de Pierre Chastanier : De la Crimée à la frontière polonaise ! 15/11/2021
   

De la Crimée à la frontière polonaise !   

Il ne viendra à l’idée de personne d’excuser le comportement inique du dictateur biélorusse Loukachenko secrètement encouragé par Vladimir Poutine (quelles que soient les dénégations de ce dernier) face au sort cruel réservé à de pauvres migrants amassés à la frontière de l’UE devant les barbelés lithuaniens et polonais.

Mais chacun comprendra qu’on ne peut pas tomber grossièrement dans ce piège car tant que les causes à l’origine de cette provocation n’auront pas été supprimées par la diplomatie et par la négociation, des vagues entières de migrants amenés par d’habiles passeurs des coins les plus redoutables de la planète (guerres, famines, dictatures, dérèglement climatique…) pourront se succéder inlassablement aux portes de l’Union.

Revenons un peu en arrière. Ce n’est qu’en 1954 que Khrouchtchev donne la Crimée russophone à l’Ukraine, rattachement purement administratif puisque toutes deux font alors partie de l’URSS.

Le 16 mars 2014 un referendum d’autodétermination sur la réunification de la Crimée à la Fédération de Russie est approuvé par 96.77% de la population avec un taux de participation de 83.1%. Il n’est pas pour autant reconnu par la communauté internationale !

A la suite de ce que l’Occident considère comme une annexion illégale (malgré le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes !), les USA et l’UE frappent la Russie par de lourdes sanctions économiques (contre des personnalités, des entreprises, des banques, interdisant les voyages, bloquant les avoirs, gelant les ventes d’équipements…) auquel la Russie répond par un embargo alimentaire sur les produits occidentaux. 

Quand on sait que la Russie, fournisseur primordial du gaz européen, ne peut être attaquée en raison de sa puissance de dissuasion nucléaire, on mesure le côté enfantin d’une guéguerre qui expose de pauvres migrants à l’imbécillité des uns et au sadisme des autres.

Que faire ?

Reprendre les discussions avec la Russie pour annuler bilatéralement les sanctions économiques en se souvenant que le referendum d’autodétermination de mars 2014 n’est que la conséquence de l’abrogation par le Parlement Ukrainien en février 2014 du statut de la langue russe comme langue officielle en Crimée alors que 80% au moins des habitants de la presqu’ile sont russophones !)

Prendre conscience que plus l’Europe s’éloignera de la Russie plus elle poussera celle-ci dans les bras de la Chine. Quelle perspective !

Agir vigoureusement contre la Biélorussie (embargo total, suppression des transports routiers, ferroviaires, aériens, blocage des avoirs, blocage des banques),

Intervention auprès de la Pologne pour qu’elle accepte d’exterritorialiser une bande frontalière  de quelques hectares pour accueillir dans un camp de réfugiés aux frais de l’HCR et de l’UE les migrants parvenus jusqu’à sa frontière, le temps d’examiner leurs possibilités d’insertion en Europe, leur statut réel (réfugiés politiques, migrants économiques), les risques d’infiltration parmi eux de terroristes … pour ne laisser passer que ceux qui répondent pleinement aux critères d’acceptation et refouler impitoyablement les autres vers leurs pays d’origine ou en cas de refus de ceux-ci d’accepter leurs ressortissants, l’installation de ces rejetés sur une terre lointaine d’un pays de l’UE  (Guyane par exemple).

Mais cette action nécessite préalablement de revoir les conditions d’autorisation de passage aux frontières de l’Union (droit européen ou droit national) et cela risque de prendre du temps !

Alors la rigueur des nationalistes ou l’angélisme des mondialistes ?

Cet incident qui touche l’Europe centrale est-il si différent de celui qui touche les pays du Sud ? Mourir de froid à la frontière polonaise est-il pire que mourir  noyé dans les eaux de la Méditerranée ?

Oui le débat sur l’immigration ne pourra être évacué de la campagne présidentielle d’autant qu’Emmanuel Macron va dans un mois se retrouver à la Présidence de l’UE ce qui n’arrive que tous les 14 ans !) . Aura-t-il d’ailleurs le temps de mener de front cette mission chronophage et une campagne présidentielle ?  

Alors le chœur des idéologues gauchistes, racisés, indigénistes, écologistes de tous poils, critiquant « ad hitlerium» sinon « ad nauseam » la droite et l’extrême droite  devenues presque unanimes sur la question de l’immigration va-t-il persister dans ses complaintes vociférantes ou participer avec tous les vrais humanistes à la recherche de solutions pratiques aux problèmes de notre temps

Pierre Chastanier

 
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