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Edito de Pierre Chastanier : Cent propositions pour la France (Suite 3) 17/10/2021
   

Cent propositions pour la France (Suite 3)   

Tout au long de la campagne, je vais parfois vous proposer des solutions qui, selon moi, pourraient répondre aux 100 questions posées pour choisir un CAP pour la France.

Merci de ne pas les considérer pour autre chose qu’une modeste réflexion sur ce qui je l’espère pourrait inspirer certains candidats

La Gestion budgétaire

11/100  Remboursement de la Dette

12/100  Règles budgétaires pour lutter contre le Déficit public

13/100  Meilleure gestion de l’épargne des Français

 

11/100  Remboursement de la Dette

 

Il ne viendrait à l’idée de personne de reprocher au Gouvernement de remplacer des emprunts anciens à taux élevés par des emprunts actuels à taux zéro ou presque.

Il est même arrivé fin 2019 que le taux des emprunts à dix ans devienne négatif pendant un court moment (-0.3%) ce qui signifie que des investisseurs préféraient perdre un peu d’argent en prêtant â la France plutôt que de choisir d’autres placements plus risqués !

C’est vrai aussi pour certains de nos voisins (Allemagne, Pays-Bas , Suède,  Autriche). Mais ce qui apparaît comme une aubaine pour le Gouvernement est en même temps une forte incitation à s‘endetter, puisqu’en remboursant un emprunt arrivé à terme par un nouvel engagement on peut ainsi s’endetter à l’infini…jusqu’à ce que !

En fait puisque la BCE s’est engagée à garantir des taux d’intérêt bas pour soutenir les entreprises et les ménages il y a même des investisseurs privés, qui achètent des dettes des pays de la zone euro, juste avant que ces titres ne soient rachetés par elle !

Or, la BCE pourrait mettre fin en mars 2022 à ces rachats d'obligations dans le cadre de son Programme d'urgence face à la pandémie (PEPP :  Pandemic Emergency Purchase Program  doté de 1.850 milliards d’€) , alors que l'inflation gagne du terrain en zone euro.

Mais nous nous sommes tellement vite habitués à ce nouveau régime de « Tonneau des Danaïdes » que nous n’entendons plus personne parler aujourd’hui de ces deux chiffres dont on nous rabattait les oreilles :

  • le montant de la dette en Pourcentage du PIB et
  • le taux maximum de 3% de déficit budgétaire

Rappelons cependant quelques chiffres pour mieux mesurer d’où l’on vient :  

  • En 2017 : déficit budgétaire 2.6% du PIB et Montant de la dette : 96 % du PIB à  2218 Milliards d’€
  • En 2021 : déficit budgétaire 8.4% du PIB  Montant de la dette : 118%  du PIB à 2762 Milliards d’€

Souvenons-nous

  • En 1981 : déficit budgétaire 0 % du PIB  Montant de la dette : 20 %  du PIB à 112 Milliards d’€

Sans Commentaires !

 

12/100  Règles budgétaires pour lutter contre le Déficit public

 

Le déficit public de la France (Etat, collectivités locales, Sécurité sociale),  a connu depuis la pandémie une accélération significative. Seules des réformes d’ampleur au niveau des dépenses publiques permettront de redresser la situation.

En effet pour combler son déficit  public l’Etat n’a le choix qu’entre deux options : accroître les recettes fiscales tout en maintenant les dépenses constantes ou réduire les dépenses publiques à recettes fiscales stables.

Le second choix est évidemment plus difficile à opérer car les dépenses publiques sont le plus souvent structurelles (salaires des fonctionnaires par exemple) et par conséquent incompressibles.

L’augmentation de la fiscalité au contraire permet, si l’Etat n’augmente pas ses dépenses, de réduire aussitôt une partie de ce déficit mais cela a vite des répercussions sur les entreprises et les ménages puisque comme on dit « Trop d’impôt tue l’impôt » . Il faut donc choisir !

On peut augmenter l’impôt sur le  revenu en élargissant l’assiette , en augmentant les taux sur une ou plusieurs tranches ou en créant des tranches supplémentaires.

On peut rétablir l’impôt sur le patrimoine (Ex ISF)  puisque l’expérience récente (encore même pendant la pandémie) a largement démontré que le « ruissellement » attendu des plus riches vers les plus pauvres était un leurre  et que la progressivité de l’impôt pourtant inscrite dans la Constitution (Art 13 de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen) frappait surtout la classe moyenne !

Or, on ne peut pas augmenter l’Impôt sur les Sociétés car les entreprises françaises sont déjà lourdement chargées par rapport à leurs compétiteurs européens . Alourdir leur fiscalité rejaillirait immédiatement sur la croissance et l’investissement  

Reste alors les impôts indirects avec en tête la TVA et la TIPP

  • La TVA touche tous les consommateurs quel que soit leur niveau de vie. Toute hausse de celle-ci entraîne une hausse de l'inflation. C’est un impôt inéquitable car la hausse du taux de TVA est relativement indolore pour les ménages les plus aisés alors qu’elle impacte fortement la consommation des ménages les plus modestes.
    La solution consisterait à créer une TVA sociale (j’y reviendrai) qui frapperait les produits importés et serait directement affectée aux charges sociales des salariés ce qui consoliderait leur pouvoir d’achat et rendrait de la compétitivité à nos entreprises
  • Le scandale actuel (qui avait déjà provoqué en 2018 le mouvement des Gilets Jaunes) repose sur l’accroissement global de la TICPE assorti donc d’une augmentation automatique de la TVA (Taxe sur la Taxe !!!) Aujourd’hui le coût des Taxes sur le litre de SP95 st de 0.69 € et la TVA au taux de 20% s’applique aussi sur le montant de la TICPE . C’est ce qu’on appelle la « Double peine » !

Et enfin , la réduction des dépenses constitue un autre moyen de diminuer les déficits.

Cette option, la plus vertueuse présente un double avantage :

  • Ne pas augmenter les impôts ce qui est à la fois populaire et favorise  la consommation intérieure et la compétitivité des entreprises
  • Celui d’inciter l’Etat à effectuer des arbitrages : redéfinir des priorités, abandonner des dépenses superflues, diminuer le nombre de fonctionnaires (repenser au millefeuille administratif dont je parlais récemment)

Bref être plus vertueux !

13/100 Meilleure gestion de l’épargne des Français

L’épargne des Français est considérable, plus de 5000 milliards d’€ et malgré la pandémie, leur appétit pour l'épargne ne se dément pas.

Ils investissent dans l’immobilier, plus rarement dans les actions, mais ils préfèrent avant tout les placements « sécurisés, disponibles, défiscalisés » (livrets d'épargne réglementée, dépôts à vue, assurance-vie en euros) même s'ils ne garantissent pas un bon rendement.

Le Livret A à lui seul représente plus de 410 milliards d’€ . Et avec 1800 milliards d’€ d’encours l‘Assurance-vie reste le produit le plus convoité.

Cette concentration de l’épargne chez les assureurs et dans les banques n’est pas sans danger car si les dépôts et résolutions sont garantis à hauteur d’un plafond de 100.000 € par établissement (si on a plusieurs banques on est garanti plusieurs fois en cas de faillite bancaire à hauteur de 100.000 €) MAIS le FGDR (Fonds de Garanties des Dépôts et Résolutions) de possède que 5.3 milliards d’€ de quoi rembourser seulement 53.000 comptes sur les 81 millions de comptes et cartes bancaires en circulation !

Il convient donc d’aider nos concitoyens à mieux diversifier leurs placements pour qu’ils puissent aider à la restructuration industrielle de notre pays, laminée par une mondialisation intense voulue par une oligarchie égocentrique.

On se souvient de cette grand-mère chypriote dont le petit-fils émigré aux USA lui imposait tous les Vendredis d’aller retirer ses avoirs en Banque et de les rapporter tous les Lundis matin. Tous se moquaient d’elle jusqu’au jour où pendant un week-end les banques chypriotes mirent toutes la clé sous la porte !

Quelques solutions : La loi TEPA par exemple mise en place en 2007 permettait une incitation fiscale puissante en faveur des PME puisqu’elle annulait à hauteur de 50% l’ISF jusqu’à un plafond de 45.000 €

Celui qui devait payer l’ISF par exemple à hauteur de 10.000 € avait donc le choix : soit payer 10.000 € à l’Etat et ne plus jamais les revoir soit investir 20.000 € dans une PME de moins de 250 salariés avec les risques mais aussi les bénéfices potentiels que cela comportait !

A suivre…

 

Pierre Chastanier

 
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