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Edito de Pierre Chastanier : De l`insuffisance des réformes ! 2/10/2021
   

De l’insuffisance des réformes !   

Pour répondre aux préoccupations des Français au cours de la campagne présidentielle il faudra aborder de très nombreux problèmes que nous essaierons pédagogiquement d’expliquer par petites touches à la manière des impressionnistes !

Aujourd’hui, c’est la réforme de l’assurance chômage qui va entrer en vigueur.

Que veut le Gouvernement ? Que voudraient les salariés ?

Faisons tout d’abord le constat que le chômage est presque devenu un droit lorsqu’on a cotisé suffisamment longtemps. Une Assurance individuelle plus que la manifestation d’une solidarité collective.

Les CDD à répétition, les contrats courts, le recours à l’intérim ont remplacé les embauches à vie dans les entreprises paternalistes d’avant-guerre.

La hausse du chômage (qui persiste encore à 8%) et du chômage des jeunes (qui stagne à un niveau inacceptable de 20%) a été la conséquence tout au long de la gestion socialisante de ces 40 dernières années de la perte de compétitivité des entreprises (35 heures, délocalisations) compensée par de l’assistanat social comme on sait si bien le faire (Un dernier exemple, on multiplie par 4 le prix du gaz en 1 an et on distribue simultanément à titre de compensation un chèque énergie de 100 € à 6 millions de foyers. Sans tenir compte évidemment des frais de gestion !)

Si bien qu’il arrive que certains (on peut le vérifier sur le site de Pôle Emploi) finissent par gagner plus au chômage qu’en travaillant ce qui est évidemment inadmissible !

Mais la réforme en cours va brutalement retarder l’ouverture des droits à près de 475.000 chômeurs au moment où tout augmente !

L’importance de la dette sociale qui attendra 70 milliards d’€ en 2022 contre 32 milliards initialement programmés oblige évidemment à des mesures drastiques (baisse de 17% de l’allocation moyenne, allongement de la période d’affiliation permettant l’ouverture des droits, pénalisation des contrats courts par majoration des cotisations patronales, dégressivité rapide des allocations pour les chômeurs ayant eu un salaire mensuel brut supérieur à 4500 € …).

Tout cela nous donne malgré les distributions de cadeaux de dernière minute, un bilan social du quinquennat largement perturbé, sans parler de la Covid, par les grèves, les Gilets Jaunes, les manifestations incessantes alors que la fortune des plus riches s’envolait de plus belle creusant encore les trop fortes inégalités.

Et dans le même temps la situation de lemploi na jamais été aussi paradoxale. La reprise économique a boosté le nombre doffres demplois

Selon Pole Emploi, il y aurait plus dun million doffres disponibles contre 700 000 habituellement mais bien que nous ayons  3.410.000 demandeurs d’emploi de catégorie A,  la moitié des emplois offerts ne trouve pas preneur !

De très nombreux Français de moins de 30 ans qui ne sont même plus inscrits au chômage mais touchent quand même le RSA n’ont aucune formation, ne savent ni lire, ni écrire correctement et bien que le digital et la lutte pour le climat aient ouvert des milliers demplois nouveaux ils n’ont pas pu bénéficier en temps utile ni de l’apprentissage ni des filières de formation qui auraient comblé leur grave déficit de compétence.

Enfin, la crise du Covid a révélé aussi un déficit de motivation au travail qui entraîne un grand découragement chez les DRH qui ont beaucoup de difficultés pour fidéliser leurs salariés.

L’explication, bien entendu ne peut venir pour les Syndicats QUE de l’insuffisance des salaires !

Pourtant si, sur le plan économique, certains métiers en tension peuvent supporter des hausses salariales motivant le peu de salariés compétents disponibles, dans beaucoup de secteurs, ces hausses ne passent pas et mettent en danger l’équilibre de lentreprise.

Alors que la classe politique cherche à réinstaller des industries en France, nous restons pénalisés par l’importance des prélèvements obligatoires. Notre pays bat un record mondial (44% malgré la baisse de certains impôts). Nous restons devant le Danemark, l’Allemagne 39% et les USA 25%).

Ah ! Il est bien dévoué l’investisseur qui viendra s’installer chez nous !

Pierre Chastanier

 
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