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Editos Pierre Chastanier - Plaidoyer pour une nouvelle Université 24/9/2021
   

Plaidoyer pour une nouvelle Université   

Selon le classement de Shanghai des Universités pour 2021, Harvard figure toujours à la première place devant Stanford et Cambridge.

Viennent ensuite le MIT, Berkeley, Princeton et Oxford. L'université Paris-Saclay, 13ème au classement, fait enfin sa toute première apparition au sein des meilleurs établissements.

Certes, ce classement qui favorise les regroupements d’instituts n'est pas une fin en soi mais il permet de porter un nouveau regard sur l'enseignement supérieur français, et si l’on veut attirer de nouveaux talents, de prendre des mesures pour mettre en valeur nos équipes académiques.

C’est ainsi que Paris-Saclay regroupe entre autres l’X, l’ENS, CentraleSupelec, l’Institut d’Optique et bien d’autres fleurons de nos Grandes Ecoles

Les huit meilleures universités de France figurant dans les 200 meilleures universités du monde sont :

  • La Sorbonne 35 ème
  • Paris Dauphine 38 ème
  • Paris Descartes 73 ème
  • Grenoble entre 101 et 150 ème
  • Aix-Marseille entre 101 et 150 ème
  • Montpellier entre 151 et 200 ème
  • Strasbourg entre 151 et 200 ème

Pour la désormais 7ème puissance mondiale (détrônée récemment de la 6ème place par l’Inde) ce n’est pas glorieux !

Il faut donc en finir avec un système dépassé qui ne recrute plus ni les meilleurs enseignants, ni les meilleurs chercheurs et qui est censé être ouvert à tous les étudiants y compris ceux qui ont décroché de justesse en Bac complètement dévalorisé.

Un de mes amis, Professeur à Jussieu, vient de s’exiler aux USA, emportant le fruit de ses recherches pour un salaire multiplié par 4 et des moyens mis à sa disposition beaucoup plus attractifs !

Pas de bonnes Universités sans de bons enseignants pour qui l’argent n’est pas le seul critère, mais quand même, sans des doctorants sûrs de déboucher sur des postes de chercheurs publics ou privés à la hauteur de leurs efforts, sans des étudiants motivés à l’abri du besoin, ayant la volonté et les capacités de profiter de ce que la Nation fait pour eux.

Aux conditions du Baccalauréat d’aujourd’hui l’admission dans une CPGE ou une Université devrait être réservée aux Mentions Très Bien et Bien. Les mentions AB pourraient choisir des établissements moins prestigieux ou, comme les Mentions Passables être orientés s’ils en ont le courage vers des CPES (Classes Préparatoires à l’Enseignement Supérieur) à créer dans les lycées comme nos « Prépas » à l’issue desquelles s’ils récupèrent le niveau exigé ils pourraient enfin poursuivre leur rêve.

Bien entendu, par le biais de Bourses au mérite tous les étudiants admis sous réserve d’une réussite aux examens annuels devraient bénéficier de moyens de subsistance (Cités Universitaires, Resto U, moyens financiers) leur permettant de se consacrer à plein temps  à leurs études et en cas de défaillance passagère de pouvoir bénéficier d’un prêt étudiant d’une année sans intérêt jusqu’à leur réussite …ou leur éviction.

La pandémie vient de nous démontrer l’absurdité de certaines formes d’enseignement. A Paris VII en Médecine, les 3500 étudiants de PACES 1 sont répartis dans 7 amphis de 500. Le professeur est présent dans un amphi et les six autres suivent le cours par vidéo.

Avec Internet ils auraient pu tout aussi bien rester chez eux !

Et tant qu’à faire on aurait pu choisir pour chaque discipline le « Meilleur Professeur » qui pourraient dispenser son cours sur toute la France avec une débauche de moyens techniques et d’animation que personne n’a aujourd’hui !

Les Professeurs de chaque Université et leurs Assistants pourraient alors animer des séances de travail où, après avoir suivi les cours collectifs, chaque étudiant pourrait poser des questions et bénéficier d’éclaircissements sur ce qu’il aurait mal compris.

Combien de pauvres pédagogues en sont réduits à l’Université à préférer dicter leur cours pour avoir la paix comme si Gutenberg n’avait pas inventé l’imprimerie. Certes pour ne pas être chahuté, il faut intéresser des étudiants motivés et avoir les qualités nécessaires ce qui n’est pas le cas de tous les Enseignants-Chercheurs.

J’ai été convié à participer à un Conseil d’Université d’une Université parisienne où je me suis sauvé en courant après avoir vu le campus envahi par des militants maoïstes et des femmes voilées, une bibliothèque où les perturbateurs écoutant la radio n’étaient pas rappelés à l’ordre et des enseignants assistant aux conseils en survêt, casquette sur la tête !

Incroyable mais vrai et l’un des nôtres, pourtant haut placé dans la hiérarchie, à qui j’avais fait part de ces constatations m’a avoué ne rien pouvoir faire.

Ce qui n’empêche pas certains Professeurs très médiatisés, notamment un psychiatre, de cette Université de se pavaner chaque semaine devant les médias.

La gravité des problèmes de l’Education Nationale (j’ai rappelé que la France était 23 ème au classement PISA) et la nécessité de revoir de toute urgence notre politique d’assimilation nous force à prendre le problème par les deux bouts, la Maternelle et l’Université.

On parlera ensuite de notre enseignement primaire, de nos Collèges et de nos Lycées où l’attractivité du métier d’enseignant se dégrade d’année en année avec moins d’admissibles que de places offertes aux concours !

Il faut faire vite ! Que ceux qui le méritent soient immédiatement récompensés et que ceux qui ne sont pas capables de se réformer soient enfin remplacés.

 

Pierre Chastanier

 
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