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   Imprimer au format A4 (Print)Inscrire un nouveau membre (New recipient)Dialogue & Démocratie Française Le commerce de la peur remplace les vrais débats sur les enjeux de la planète 5/12/2009

L'émotion l'emporte sur l'opinion et les revues les plus sérieuses réalisent à qui mieux mieux des dossiers qui feraient rire ceux-là même qui font profession de discuter au café du commerce...
 

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Editorial
Le commerce de la peur remplace les vrais débats sur les enjeux de la planète [5/12/2009]
Le climategate est un truc de journaliste ! Mais, il y a bien problème... [4/12/2009]
Réunions
Colloque National Ecologie - Paris le 9 Décembre 2009 [30/10/2009]
Soirée du 15 octobre 2009 : débat sur les limites de l'Humanisme [7/10/2009]
     

Le commerce de la peur est entretenu par tous, y compris par ceux qui le dénoncent ! Alors, où se cache le juste milieu ?

 

 

En médaillon : Dénoncer la peur au lieu d'argumenter sur le fond alimente également la peur. La seule voie est celle de la recherche sans tabou de la vérité... Est-ce encore praticable !
 
 
Tout le monde écrit sur tout sans vraiment connaître le dossier de Copenhague et du débat sur les dérèglements climatiques.

Est-ce si grave ?


L'émotion l'emporte sur l'opinion et les revues les plus sérieuses réalisent à qui mieux mieux des dossiers qui feraient rire ceux-là même qui font profession de discuter au café du commerce. Ils n'ont pas forcément tort car, les grandes signatures soit s'insultent, soit se "hackent", soit affichent des certitudes que le premier vent de la science emportera demain. Ce phénomène de société joue sans doute un rôle dans l'émergence d'un nouveau catéchisme. Ceux qui, comme certains d'entre nous, ont écrit les bases du développement durable bien avant que le terme ne soit galvaudé par une globalisation sans précédent du succès du terme après Rio, sont tentés par une saine colère. Mais, cette colère est sans doute aussi mal venue que les aneries de la nouvelle vulgate.

Pourtant, l'obscurité n'a pas de limite même, voire surtout, lorsque ses porteurs dénoncent l'obscurantisme des autres. Et peut-être "fais-je" aussi partie du lot ! Car, comment y échapper ?

Mais comment ne pas réagir à de tels articles, comme celui paru dans Valeurs Actuelles que, forcément - puisqu'il n'y a plus que cela et que désormais, seul le titre est lu -, diffusent nos amis !

Et, cet article est particulièrement illustratif du véhicule de méconnaissance que porte la vulgate écologiste. Pardon de ce jugement !

Qu'il faille arrêter de se faire peur, est sans doute un bon conseil. Cet article aurait du en rester là, qui est du domaine de sa compétence. N'en déplaise à ceux qui font un honteux commerce en prônant le retour à un conception dépassée et dangereuse du pêché, la peur verte, brune ou rouge restera toujours une mauvaise conseillère.

Pour ce qui concerne les arguments climatiques, en revanche, ce papier ne fait qu'entretenir la confusion et donc nourrit le terrain de la peur. Arrêtons de nous faire peur ! De le dire partout, ça fait peur !

Quelques exemples
 
  • Le rôle du C02 ! Il n'est guère de scientifiques qui contestent en fait que les désordres climatiques soient d'origine multifactorielle. Le débat, unilatéral de toute part sur ce point politique, porte sur le fait causal sur lequel il faut agir. Le CO2 n'existe d'ailleurs dans l'atmosphère qu'à l'état de trace. Il est un médiateur du process. L'eau qu'il aspire comme une éponge dans son voisinage en fonction des caractéristiques de celui-ci, détermine de proche en proche les équilibres, de la molécule jusqu'au climat de la planète. Qui le nie ? Le Giec ne dit pas autre chose ! L'influence du soleil est un des éléments qui déterminent cette relation ! Qui le nie ? Personne sérieusement ! C'est le rapport aux décideurs du CRI et de Phil Jones qui pose problème. C'est le politique ! Pas les scientifiques. Dénoncer le fait scientifique contribue directement à la peur et à l'obscurantisme. Faire son marché dans le panier des arguments de la vulgate verte, où que l'on soit, de gauche ou de droite, ne rend pas service à l'écologie dont il ne faudrait pas oublier les bases scientifiques, discutées donc discutables, sous prétexte que la vulgate a fini par imposer un discours simplificateur... Les citoyens ont le droit de s'emparer du débat climatique sans que les faiseurs de tambours ne s'interposent entre eux et les scientifiques pour leur prédigérer "leur" vérité.

     
  • Courtilllot : il se trompe de cible - de mon point de vue - en s'en prenant au thermomètre plutôt qu'aux faits même si certains des éléments sur lesquels il fait le zoom, éléments qui figurent dans les travaux du Giec mais sont minimisés dans les conclusions, sont intéressants et méritent effectivement d'être mieux pris en compte. Il fait souvent les mêmes erreurs que Phil Jones qu'il dénonce et dans le jeu duquel il entre en définitive. Ainsi sur les cycles solaires : ils sont de 11 à 15 ans. Cela n'a donc rien à voir avec le réchauffement tendanciel, qu'il soit humain ou pas. Le cycle dont il est question est celui de Milankovitch qui est de 126200 ans ! Quel rapport ? Le cycle court du soleil entretient une relation avec la très légère et apparente inversion enregistrée de 2000 à 2009. Inversion prévue par certains modèles, y compris par des modèles du GIEC et non pris en charge tant les fameuses courbes en forme de crosse de hockey de Michael Mann que par les estimations de Courtillot ou Legendre, la pseudo référence scientifique des anti-réchauffistes. Phil Jones aurait voulu faire des représentations de Michael Mann, parce qu'elles "arrangent son entreprise", l'arbitre suprême. Une façon de conserver sans discussion le rôle primordial du CRI dans l'arbitrage aux décideurs. Les modèles contradicteurs de Lengendre, fondés sur les mêmes mécanismes que ceux du CRI et de Michael Mann, avec des paramètres différents, tirent au contraire dire argument de LEUR erreur commune pour dire que la tendance n'existe pas. Le problème est ailleurs...

     
  • La référence aux peurs Malthusiennes : visiblement, l'auteur confond les thèses de Malthus avec les politiques malthusiennes. Dénoncer le malthusiannisme est une mode "commode". Je ne ne développe pas ici la critique constructive que j'ai faite des thèses -construites, argumentées, contestables mais intelligentes - d'Yves Cochet et je renvoie par commodité aux premiers chapitres de Cohen (La prospérité du Vice), livre de vugarisation économique de grand talent : il explique avec clarté comment le charbon a brisé le cycle prométhéen de Malthus, comment après le réchauffement du Haut-moyen âge, lors du refroidissement qui a entraîné famines et disettes (3/5 population décimée non par le réchauffement, mais par le refroidissement), l'homme a du défricher après le 13ème siècle pour combattre l'évolution de la Nature. La question posée par la surpopulation, réside dans la crainte du retour de la loi de Malthus. Le malthusianisme ne fait référence qu'à l'usage politique pervers des lois de Malthus rendues provisoirement caduques par la révolution industrielle. La critique du malthusiannisme ne condamne pas forcément l'oeuvre de Malthus lui-même ! Contrairement à une idée reçue, le revenu moyen par habitant a constamment diminué de Sumer à 1850. Les idées sur la pauvreté et la justice climat pourrait bien se révèler constituer une absurdité historique. Les pays émergents auront pollué et polluent tout autant en masse que l'Europe. Ces idées sont surtout devenues une absurdité "géographique".

     
  • Le passage sur l'ozone. Erreur encore ! Le protocole de Montréal a permis de reconstituer les trous d'ozone plus vite qu'on ne pensait. Cela interpelle certes mais le problème climatique n'est pas là. Dans le GIEC III, le rapport final indique que ce trou contribue au réchauffement. Or, c'est faux et le GIEC IV le reconnaît dans une notule discrète du rapport aux décideurs : toujours le même document ! Cela figure au bas du bilan radiatif résumé. Le GIEC s'est donc trompé. Le problème est qu'il a minimisé le démenti : encore l'oeuvre de Phil Jones ! Quel journaliste l'explique ? Aucun. Tous s'embarquent dans des considérations eronnées parce qu'ils ont vaguement entendu des gens avertis en parler.

    Comme tout est à l'avenant, sans intention de nuire mais de prévenir, il reste que tout cela participe à la désinformation systématique que le propos entend lui-même dénoncer au départ. Mes propres explications ne font d'ailleurs peut-être qu'ajouter au désarroi et à la confusion.

    Pourtant, bien des scientifiques à peu près sérieux ou modérés, en privé, y compris ceux qui s'opposent, avouent comprendre comment fonctionnent, pour l'essentiel, les déréglements climatiques. Comment engager un vrai débat citoyen sans d'abord dégager les grandes lignes de consensus. Elles existent. Ils savent notamment que le plus souvent les dérèglements précèdent, de nos jours, le réchauffement. Toutes les périodes de réchauffement avaient été bénéfiques pour l'humanité. Les périodes de refroidissement catastrophiques. C'est cela qu'exprime en fait la loi de Malthus. On ne peut dire tout et son contraire. Le réchauffement actuel, relatif, c'est à dire en grande partie lié, corollaire ou consécutif à la sortie du petit âge glaciaire qu'a connu l'ère industrielle dite productiviste, que seuls Phil Jones et le CRI se sont attachés à masquer, ce réchauffement est au contraire accompagné de désordres. Ils - les désordres qui accompagnent le réchauffement - sont clairement la conséquence de l'action de l'homme sur l'ensemble des environnements (eau, etc.) C'est cela le problème. En France particulièrement, nous avons avons une vision unilatérale et non multifactorielle du CO2. Cette vision a été malheureusement portée par nos responsables et les ONG dans le cadre du Grenelle de l'Environnement, une bonne initiative qui a malheureusement plus inscrit dans la loi le discours politique de la vulgate que les mesures. La tendance est un peu la même au sommet du GIEC... d'où les propositions de réforme en cours des modes d'arbitrage sur le climat.

    L'article de Valeurs actuelles évoque enfin à juste titre le rôle des films catastrophes dans ce climat, particulièrement le dernier, "2012". Ce super film à grand spectacle m'a semblé très beau. Il relie la géographie d'aujourd'hui et de demain à l'histoire complète de notre civilisation. Il est de l'ordre du mythe moderne. Mais, les mythes, pour être durablement transmis, doivent s'appuyer sur une vision scientifique du monde. Or, force est de constater ce film alimente malgré ses indéniables qualités bien des idées fausses.

    Quelques idées fausses du film 2012

     
  • La civilisation maya aurait prévu 2012 depuis"plusieurs millémaires" : faux !

    Les légendes Mayas sont récentes (14ème voire 15ème siècle). Leur calendrier à base 20 a été calé rétroactivement sur 2012. Cette merveille interroge certes. Mais, la légende de la fin des temps est postérieure au Grand chagrin (donc à 1405) : elle prévoit le réchauffement, l'élévation du niveau des océans et la fin du froid au bout de 7 cycles "cosmologiques justes et parfaits" (légende du Bison Blanc). Ce mythe est fondateur au 15ème siècle du rituel du calumet, lequel est allégorique de ces périodes. Ses prédictions sont proches de l'Evangile de Saint-Jean, des écrits Sumériens et tous les textes, nombreux, qui annoncent l'avènement de ce que nous convenons d'appeler l'ère du Verseau. Terme qui a un sens astromonique précis. Or, bien des raisons militent aujourd'hui pour établir qu'il s'agit en fait d'une légende venue d'Europe et translittérée, comme le furent la plupart des traditions, à commencer par l'Ancien testament. Cela ne prouverait au final qu'une chose : les échanges n'ont jamais cessé entre l'Europe et le Continent américain. Les historiens ont entrepris de l'établir comme semble l'indiquer l'éthymologie même du mot "America".

    Or, cette légendre et la réapparition des bisons blancs en 1996, ont donné naissance à la vision maya du millénarisme. Une vision donc très occidentale ou non, selon le parti pris ! Peu importe au final ! La convergence des cultures et des civilisations s'avèrent bien plus grande qu'il n'est souvent supposé. L'universalisme se nourrit du multiversalisme.

     
  • L'alignement des planètes.

    Oui, mais c'est la science moderne qui a établi cette interprétation... Les Mayas le savaient peut-être puisqu'ils ont recalé rétroactivement leur calendrier sur le 20.12-2012 ! Mais aucune trace des méthodes de recalage antérieur de leur calendrier nous est restée. La vérité est que nul n'a encore commpris comment ils faisaient. Un seul fait est établi : ils calculaient les corrections d'une année de 365 jours mieux que nos religieux et astrophysiciens de l'époque.

    En revanche, la thèse du film, séduisante, ne tient pas ! La thèse selon laquelle l'alignement presque parfait, mais de courte durée, des planètes sur un même axe pourrait créer une attraction sur le soleil ou une sorte de résonance au niveau sub atomique telle que les neutrinos solaires échappés d'une activité exceptionnelle et dirigée comme un laser iraient chauffer le coeur de la terre, le plan aligné du système solaire étant alors transformé pendant une courte période en un micro-onde géant ! La masse en jeu est infime par rapport à celle du soleil et surtout par rapport au Nuage de Hoort, de masse au moins équivalemente à celle du soleil bien que dispersée (ndlr - de mémoire). Ce nuage est le cerbère du système solaire. Sa figure mythologique est celle de la Baleine de Jonas. Les cycles de ce nuage réguleraient les grands cycles et les échanges entre le système solaire et le reste de la galaxie. Ils expliquent de manière plus certaine -du point de vue actuel de la science - l'apparition de l'eau sur terre et donc... le climat. Tout cela se trouve sous forme allégorique dans les textes anciens. Peu importe d'y porter crédit ou pas. Il reste que la science tente encore de comprendre ces cycles même si le fameux cycle de Milankovitch dont nous sortons où sommes déjà sortis -tel est en fait une grande part du problème du débat sur le réchauffement - commence à livrer ses mystères.

Pour faire du fantastique, il y a de quoi faire avec la vérité. Il n'est pas utile d'aller chercher des mythes qui sont de lointaines copies des notres...

Ainsi, plus nous parlons de cette peur pour la combattre, plus nous l'alimentons. La voie du juste milieu reste étroite. Voilà qui n'est pas nouveau...

Patrice HERNU
Président de la commission Ecologie de D&DF

 

 

 

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