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Remise du Prix de Thèse du Suprême Conseil de France 16/9/2021
   
      
remise du Prix de Thèse du Suprême Conseil de France

 

  Cet article est publié dans le cadre 
de la Lettre GLCS de rentrée 2021 (#48)

Très Illustre Souverain Grand Commandeur, du Suprême Conseil de France, Jacques ROZEN, nous vous remercions chaleureusement d’avoir associé la Grande Loge des Cultures et de la Spiritualité à ce prix !

Très respectable Grand Maitre de la Grande Loge de France et d’Obédiences amies,

Très Illustre Sœurs et Frères, Souveraines et Souverains Grand Commandeurs

Très Chers Frères et Sœurs, Mesdames et Messieurs,

Nous tenons d'abord à remercier notre RF Jean François MAURY. Il a été le Maître d’ouvrage auprès de Madame Perrine RODRIGUES pour la lecture de sa thèse et pour en présente la synthèse à notre Comité. Il ne peut malheureusement nous accompagner ce soir.

Sur ces indications notamment, pourquoi le Suprême Conseil des Cultures et de la Spiritualité a-t-il choisi de récompenser Madame Perrine Rodrigues pour sa thèse ?

 « Le discours des vices et des vertus aux époques carolingienne et otonienne », de l’écrit à l’image (IXe-XIe siècles) 

Les raisons sont de trois natures.

1. Culturelle 

Charlemagne (roi des Francs en 768), son fils Louis le Pieux et son petit-fils Charles le Chauve, mettent en œuvre une politique de reconstruction de la culture avec Alcuin – que Charlemagne fait venir d’Angleterre –, Éginhard le biographe de Charlemagne, et quelques autres, notamment Jean Scot Érigène (que l’on connaît bien à la GLDF !).

Alcuin reçoit de Charlemagne la direction de l’école palatine, l’école du palais, en 782.    Or, ce qu’il y enseigne ce sont les Arts Libéraux  –  que là encore nous connaissons bien –   et que Martianus Capella avait chantés dans son poème allégorique composé au tout début du Ve siècle : Noces de Philologie et de Mercure,   comme Prudence l’avait fait pour les Vices et les Vertus à la fin du IVe siècle avec sa Psychomachie qui vous a inspirée, chère Madame.   

Cette période a été appelée la Renaissance carolingienne.

Pour Otton 1er (936-973), dit lui aussi « le grand », couronné empereur par le pape Jean XII en 962, il fonde, après l’extinction des carolingiens, ce qu’on appellera le Saint Empire romain germanique qui perdurera jusqu'en 1806 où il sera balayé par les armées de Napoléon.

Lui et ses fils, Otton II et Otton III, furent d’importants mécènes de l’art roman et l’on a découvert en 2003 les vestiges de l’ancienne cathédrale de Magdebourg, ville où a été enterré Otton 1er et qui était sa résidence préférée puisque, on le sait, les rois n’avaient pas alors de capitale, mais changeaient constamment de résidence pour être au plus près de leurs sujets…

2. Artistique et symbolique : le combat des vices et des vertus est souvent représenté sur le fronton des cathédrales, les chapiteaux des colonnes des cloîtres, les vitraux ou les stalles sculptées. 

Dans l’église de Saint Bertrand de Comminges, autrefois cathédrale (siège de l’évêché), on trouve des stalles sculptées destinées aux chanoines. Sur une sculpture on voit un moine, robe relevée et fesses à l’air, recevant le fouet. Pénitence du vice !

3. Maçonnique enfin : le REAA est une didactique de la Vertu. 

On trouve ce terme à tous les degrés ou presque.   Le Chevalier Ramsay, dans son discours de 1738 qu’il ne prononcera jamais, cite à ce propos des vers de Procope , extraits de son ode « L’apologie des Francs-Maçons » :

« Nous suivons aujourd’hui des sentiers peu battus,

Nous cherchons à bâtir ; et tous nos édifices

Sont ou des cachots pour les vices,

Ou des temples pour les vertus. »


Voilà les raisons qui nous ont fait choisir le travail de Madame Perrine Rodrigues. J’y ajouterai que son style est agréable à lire, ce qui n’est pas un mince compliment.

Je lui laisse à présent la parole pour qu’elle se présente et nous présente assez brièvement sa thèse.

Et je la félicite très chaleureusement.

Marcel Laurent

Paris le 21/09/2021