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Editos Pierre Chastanier - Felix qui potuit rerum cognoscere causas 8/8/2021
   

Felix qui potuit rerum cognoscere causas   

Heureux qui a pu pénétrer la raison des choses

Audacieuse affirmation de Virgile qui espérait que la vie (un instant de grâce entre deux néants ?) puisse permettre à l’Homme, au fil des générations, d’essayer de comprendre l’Univers.

Certes, la science progresse à pas de géant et même si nous sommes encore loin du compte, qu’il est long le chemin parcouru en quelques centaines de milliers d’années e serait-ce que de l’Homo Néandertalis à nous-mêmes.

Moins de 0.0007% du temps écoulé depuis le Big bang, et nous avons découvert les grandes lois de la Physique, de Newton et sa gravitation, à Einstein et sa relativité généralisée, en passant par Planck et sa mécanique quantique; les grandes lois de la génétique, de Darwin et son évolutionnisme à Watson et Crick et leur structure des acides nucléiques en passant par Mendel et ses petits pois; les grandes lois de la cosmologie moderne de Copernic et son héliocentrisme à Hubble et son expansion de l’Univers en passant par Galilée et sa lunette.

Nous sommes allés sur la Lune en 1969 et, après 41 années de voyage dans le système solaire, la sonde Voyager 2 a atteint à dix-huit milliards de kilomètres de la Terre, une zone où le vent solaire ne souffle plus. !

Plus intimement au sein de la matière, la découverte progressive des mécanismes de la vie, l’utilisation des cellules-souches, les nanotechnologies, la génomique, la bionique et la jonction homme-machine qui déjà s’annonce à l’heure toute puissante des ordinateurs, nous laissent penser que bientôt, nos héritiers, s’ils ont la sagesse de perdurer dans un environnement où trop souvent l’homme reste un loup pour l’homme, auront l’immense privilège d’en savoir chaque jour un peu plus sur la genèse du monde.

Oublions les chausse-trappes, les voies de garage, les cataclysmes qui peuvent tout détruire ou presque comme ce fut le cas avec l’éruption volcanique géante des trapps de Sibérie, il y a 250 millions d’années, bien longtemps avant la fin des dinosaures : Oui, espérons qu’un jour l’Homme, ou l’espèce qui lui succèdera s’il ne sait pas préserver et faire évoluer  la sienne, pourra presque complètement  maîtriser son destin et goûtera, sinon aux joies de l’immortalité (il suffirait pour cela d’activer ces gènes que nous partageons avec la salamandre ou avec les cnidaires  mais qui chez nous sont actuellement inertes), au moins au bonheur de connaître la cause des choses !

Et Dieu dans tout cela : Principe de Dualité (Deus), Maître de la course des étoiles (Théos), Immanence sublime qu’on a sans doute tort, à l’instar des religions, de ramener à une dimension anthropologique bien mesquine qui oppose des « vérités » les unes aux autres, ou seulement une simple désignation de notre immense ignorance ?

Chacun répondra selon ses convictions !

Depuis que notre lointain ancêtre, l’Homo Erectus s’est redressé, il y a 2 millions d’années, dans la corne de l’Afrique, nous  poursuivons notre route et nous devons nous contenter de servir de relais à nos enfants et aux enfants de nos enfants jusqu’à ceux qui, un jour, s’approcheront du soleil.

En espérant que tels Icare, ils ne s’y brûlent pas les ailes !


Pierre Chastanier
 

 
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